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 Bloody memories ~ June's Diary

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June Harmon


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MessageSujet: Bloody memories ~ June's Diary   Jeu 13 Juin - 18:28

 
Part I, This is the end, hold your breath and count to ten ...

Un nouveau matin se levait sur l’institut, un matin teinté de gris, sans soleil ni lumière. Sur chacun des murs glissaient des ombres sans visages, blotties dans cette pénombre qui ne faisait qu’alimenter la noirceur de l’endroit. Pendant quelques heures encore régnerait ce silence morbide qui me rendait folle. J’aurais voulu le rompre, j’aurais aimé me jeter sur le sol et hurler jusqu’à sentir ce cri déchirer mes propres cordes vocales seulement voilà … J’en étais incapable. Les infirmières y avaient soigneusement veillé. J’étais comme prisonnière de mon corps, condamnée à rester dans cette pièce que je haïssais tant et dont je connaissais par cœur les moindres recoins.  J’avais bien essayé de jouer les rebelles mais les seringues avaient eu raison de moi et de mon entêtement. J’étais tellement défoncée que j’arrivais à peine à savoir depuis combien de temps j’étais là. Les souvenirs se bousculaient dans ma tête et plus je les revivais moins j’arrivais à faire le point. Je ne comprenais pas comment tout cela avait pu si mal tourné, comment je pouvais me retrouver à nouveau dans cet état lamentable. Les médicaments me faisaient complétement déraillé. J’avais des crises d’angoisses, me mettant à crier sur un Harker imaginaire qui tailladait chacun de mes membres en morceau pour faire de moi son puzzle géant. Je fondais en larme en me rappelant d’Azraël et des coups qu’il avait encaissé ce jour-là dans la neige. Je devenais incontrôlable au contact de la moindre infirmière qui me rappelait de près ou de loin Martha et son horrible visage triomphant. Mais cela, ce n’était pas encore le pire.

{…}

-  Mademoiselle Harmon ? Mademoiselle ? Allons, vous ne trouvez pas que vous avez eu suffisamment de vacances ? Dire que cela fait un an que nous vous avons parmi nous. Et quelle année n’est-ce pas ? Vous étiez une jeune fille si intelligente et pourtant vous vous êtes égarée du droit chemin et regardez où cela vous a mené … Vous êtes vraiment au cœur de mes préoccupations ces dernières semaines voyez-vous. Je tiens beaucoup au bien être de mes pensionnaires et il se trouve que ces derniers temps vous mettez réellement votre vie en danger ma chère. Allons, une rencontre malheureuse avec Harker et maintenant vous vous en prenez au personnel de l’institut. Il faut donc que je trouve le moyen de vous remettre sur la bonne voie et pour cela j’ai besoin de comprendre…

Je clignais des yeux, parvenant seulement à distinguer son ombre au cœur de la lumière clinique que j’avais au-dessus de la tête. Mais je n’avais pas besoin d’en savoir plus, je comprenais ce qui était en train de se passer. Ce n’était pas ma première visite dans cette salle, ni même la première fois que j’entendais cette voix. C’était Stark et son phrasé légendaire. Rien que d’imaginer cet homme près de me moi me donnait envie de vomir. Je le haïssais si profondément que sa seule présence me dégoutait. Je l’écoutais parlé sans répondre. Je tâchais d’analyser ce qui se passait, comment je pouvais faire face à cette situation.

 - Auriez-vous perdu votre éloquence ?  Car d’après Martha, vous n’en manquiez pas il y a quelques jours…. Vous savez, j’ai tout mon temps aujourd’hui. Tout mon temps pour m’occuper de vous June et percer tous vos petits secrets. Ce pensionnat est mon empire, mon rêve et nous savons vous et moi qu’on ne bâtit pas un empire en un jour. Il faut savoir convaincre les autres de votre projet, les amener eux aussi à être des rêveurs mais parfois il est plus difficile que prévu de persuader ceux qui n’ont plus d’espoir… De l’espoir, vous en avez encore June et vous pourriez appartenir à ce rêve et changer à jamais votre destin. Vous appartenez à ce lieu, ne l’oubliez pas …

Désormais habituée à la lumière, je découvrais son visage. Ses joues creusées par le temps, son regard inquisiteur, et cette habileté à se jouer des esprits les plus naïfs pour les manipuler à son aise. Malheureusement pour Stark, j’étais loin d’être un esprit docile. Je me raclais la gorge, et au lieu de lancer un éloge du tyran que j’avais sous les yeux, je lui crachais au visage, sans détour, sans lâcher des yeux ses deux pupilles noires qui reflétaient le monstre qu’il était.


Les infirmières présentes se précipitèrent sur leurs aiguilles mais le docteur les stoppa net. Il resta de glace face à ce geste qui ne l’avait sans doute pas surpris. Il sortit de sa poche un mouchoir avec lequel il essuya sa joue, esquissant un sourire narquois.

- Mesdames, je pense que vous pouvez nous laisser. Voyez-vous nous avons des affaires urgentes à régler et je pense que notre amie ne s’en ira pas si vite avec tous ces liens. Allez, allez pressons !

Lorsque les infirmières furent sorties, Stark saisit une chaise et s’assit face à moi. Si seulement j’avais eu les mains libres, je lui aurais fait subir les pires tortures. J’aurais arraché ses paupières, puis ses lèvres, je l’aurais démembré … Oui j’aurais au moins été capable d’aller jusque-là seulement j’étais ligotée sur une table d’opération inclinée à la verticale, comme un Christ sur sa croix.

Vous lui ressemblez beaucoup. A votre mère… Elle avait elle aussi cette fougue, ce regard foudroyant … C’était une ambitieuse comme vous et voyez ce qu’elle est devenue..

A ces mots, Stark tira des clichés de sa poche. Le cadavre qui était dessus était méconnaissable. Il était boursoufflé et verdâtre. Les globes oculaires avaient rétrécis et ils glissaient presque sur le visage. Les cheveux avaient perdu toute couleur, ils étaient blancs et presque absents. Des nombreux hématomes avaient viré au noir et l’un d’eux à la tête avait entaché le visage de la victime de ce liquide noirâtre.  Je détournais la tête, prise d’une violente nausée, je ne parvins même pas à lui crier d’arrêter. 

Vous voyez mademoiselle Harmon, même les esprits les plus téméraires peuvent être domptés.

Il attrapa alors avec fermeté mon visage et plongea ses yeux luisant dans les miens.

J’ai besoin de savoir ce qui s’est passé dans mon bureau avec Harker. Vous m’entendez ? Je veux tout savoir de ce soir-là, chaque détail et croyez-moi, il vaut mieux que vous n’oubliez rien June car cela pourrait bien vous valoir des désagréments que vous et moi préférerions éviter.

Je pouvais sentir ses doigts osseux s’enfoncer dans ma mâchoire et malgré son aspect de vieillard, je ne doutais pas qu’il soit capable de la briser d’un simple claquement de doigt. Aussi, je me décidais à révéler l’horrible vérité sur Aaron… Du moins c’est ce que Stark croirait. 

Le soir de la projection, je me suis rendue à l’infirmerie pour une migraine. Harker est apparu sans prévenir. Il m’a demandé de lui indiquer où se trouvait votre bureau. J’ai refusé de lui répondre alors il m’a soulevé du lit et jeter sur le sol. Il m’a maintenu face contre terre jusqu’à ce qu’il obtienne l’info et pour éviter que j’alerte les autres, il a décidé de me faire monter avec lui. Une fois dans le bureau, il a commencé à fouiller partout, je ne sais pas trop ce qu’il cherchait mais j’ai essayé de m’enfuir à ce moment-là et c’est là qu’il m’a tailladé la première fois. Satisfait ?

- Il y a eu bien plus que ça pour qu’il prenne le risque d’enflammer l’infirmerie. Dites-moi ce qu’il vous a dit, dites-moi ce qu’il était venu chercher dans mon bureau.  Ne jouez pas avec le feu June, je peux très vite perdre patience et ici vous es sur mon terrain.

- Je ne sais pas, je ne me souviens plus … J’ai eu des pertes de mémoire après cet accident

Evidemment, je savais pourquoi Aaron était revenu, je m’en souvenais parfaitement seulement je devais trouver une excuse, quelque chose qui l’aurait fait revenir pour me tuer. Malheureusement pour moi, Stark n’avait aucune patience lorsqu’il s’agissait du bien de son empire.

Il existe de nombreux moyens de raviver la mémoire mademoiselle Harmon. Des odeurs, des sons, des images c’est très efficace en général. D’ailleurs je m’intéresse de près à ces techniques voyez-vous. Vous allez même être au cœur de l’expérience…

A ces mots, Stark appuya sur l’un des boutons qui fit pivoter la table en position horizontale. Il fit ensuite rouler une petite table métallique vers nous, enfilant des gants blancs tout en parlant. La tension commençait à monter en moi. Je savais que je devais préserver mon secret. Comment faire … Réfléchir June … Aller. Un scalpel à la main, Stark plaça son mouchoir dans ma bouche et lança un petit air de musique classique. Et le flash-back commença. J’hurlais si fort que des larmes roulèrent le long de mes joues. Avant même la fin des incisions, ce fut le noir total.

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Dernière édition par June Harmon le Sam 15 Juin - 13:44, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Bloody memories ~ June's Diary   Ven 14 Juin - 9:26

Part II, For this is the end, I've drowned and dreamed this moment
 
Lorsque je rouvris les yeux, j’étais à nouveau seule. Je mis beaucoup de temps à rassembler mes idées … Tout me paraissait lointain et difforme sans doute sous l’effet des médicaments. Mon corps était si endoloris que j’avais l’impression de n’être plus qu’un esprit, un fragment de moi-même flottant dans cette pièce à peine plus grande qu’un placard. J’y étais allongée sur le sol et la seule lumière qu’il m’était donné de voir était celle qui émanait de l’énorme porte métallique qui me retenait captive. Privée de la vue, je me repliais sur mes autres sens, frémissant au moins bruit. Ma propre respiration parvenait à m’effrayer.  Je glissais la main qu’il me restait le long du mur, essayant de me redresser mais ma tête était si lourde que je ne parvenais pas à me hisser et mon bras plâtrée n’arrangeait rien. J’avais si froid, l’air me mordait la peau comme si j’étais complètement nue dans la neige. Cette sensation me fit remarquer que mes vêtements avaient disparu pour faire place à un vêtement de patient, une simple robe médicale qui m’arrivait au-dessus du genou.

Je crois que c’est à ce moment précis que j’ai perdu tout espoir de sortir un jour vivante de cet endroit. Résignée, je me repliais sur moi-même, mes bras venant encercler mes jambes. Et c’est cet  instant qui réveilla un autre de mes sens, le toucher, piqué au vif par quelque chose qui n’était pas là avant. Instinctivement, je retirais ma main et tendais ma jambe vers le rai de lumière qui venait de sous la porte. Je regardais ma jambe avec horreur, osant à peine croire qu’elle était encore une partie de mon corps. Je tendis ma main valide vers mon mollet, tremblant comme une feuille, je touchais les points de suture qui refermaient à nouveau le X d’Aaron. Stark avait recousu la plaie de manière barbare, si bien que du sang coagulé baignait encore la plaie boursoufflée. Les points partaient presque de la cheville et remontaient sous le genou. Je me mis à pleurer. J’avais envie d’arracher ces sutures une par une, de vider le peu de vie qu’il restait en moi, je voulais mourir. Pour la première fois, je voyais l’ange de la mort comme un ami qui aurait été le bienvenu.

Malheureusement pour moi, mon heure n’était pas encore venue. La porte de la cellule s’ouvrit en grand, et une lumière qui me sembla un instant être le paradis inonda la cellule. Deux bras m’attrapèrent sans mal, me portant sur une chaise roulante. Des larmes ruisselaient encore sur mes joues tandis qu’on me poussait vers le pilori. Lorsque j’arrivais dans cette pièce où mon âme s’était éteinte, j’eus peur. Une peur terrible et insurmontable et pour la première fois, mon orgueil se tut, tétanisé de voir à nouveau cet homme si sombre le sourire aux lèvres.
 
-Mademoiselle Harmon, quel plaisir de vous revoir parmi nous ! Vous avez une bien triste mine. Le confort de votre cellule vous incommode ?

Je restais silencieuse, dévisageant cet homme comme je l’aurais fait devant un criminel. Il demanda à ses hommes de main de quitter la pièce et poussa le fauteuil dans la lumière. Il prit alors un air très sérieux.

-Vous pourriez tout arrêter June, je ne vous demande rien ou presque. Livrez-moi la vérité sur Harker et tout sera terminé. Foster est plus bavard que vous, vous devriez suivre son exemple.  

A ces mots, j’eus une telle montée d’adrénaline qu’un flot de paroles sortit de ma bouche malgré moi.

-Qu’est-ce que vous lui avez fait ? Il n’a rien à voir avec Harker ! Ce n’est pas un pensionnaire dangereux et il n’a jamais fait de mal à personne !
 
-En êtes-vous si sûre ? Martha ma chère, veuillez avancer s’il vous plait.
 
Je vis alors l’horrible infirmière avancer vers moi, satisfaite de cette mise en scène, son horrible sourire vengeur refit surface tandis qu’elle dévoilait dans la lumière son cou. Son affreux cou graisseux autour duquel des marques devenues noirâtres dessinaient une étreinte qui malheureusement n’avait pas été éternelle pour la vieille infirmière.

-Vous voyez mademoiselle Harmon, selon Martha, votre ami Foster l’aurait sauvagement agressé … Étonnant non ? … Pour un pensionnaire qui n’est pas dangereux, votre ami semble pourtant avoir de sacré saute d’humeur. Vous voulez que je vous dise ce que je pense ? Je crois qu’Harker et Foster manigancent quelque chose et qu’ils réunissent autour d’eux différents pensionnaires.

La tranquillité de Stark sembla alors disparaître et il se mit soudain à hurler, hors de lui.

-Et je ne peux pas tolérer ça dans mon établissement, sous mon toit ! Ne me suis-je pas montrer généreux avec vous tous ? Je vous ai offert un endroit où vivre en paix avec les vôtres, je vous ai donné la possibilité de rêver un monde meilleur ! Et on me poignarde dans le dos en asservissant les plus naïfs. Ça n’arrivera pas mademoiselle Harmon ! Ça n’arrivera pas parce que vous allez vous souvenir de ce moment et me dire avec exactitude ce qui s’est passé vous m’entendez ?

Le voir devenir si rouge et à bout de souffle me fit rire. Un rire que je ne parvins par à réprimer et qui éclata comme un coup de revolver dans cet enfer. Je sentais au fond de moi que ce rire n’était pas totalement le mien … Et voyant le sourire pervers de Martha qui s’avançait vers moi la main en l’air, je compris que l’infirmière me droguait encore. Sa baffe me fit l’effet d’une bombe. J’avais l’impression que sa main potelée resterait collée à jamais sur ma joue.

-Bien. Puisque vous avez l’air d’humeur joyeuse, nous allons utiliser une autre méthode pour vous faire parler. Préparez la, Martha.

A ces mots, l’infirmière poussa une énorme cuve d’eau vers moi. Puis elle alla chercher une paire de ciseau. Elle attrapa mes cheveux qu’elle enroula autour de sa main. En un coup de ciseau, tous mes cheveux tombèrent sur le sol. Je regardais ce spectacle, le spectacle de ma propre mort en face. Mon reflet s’effaçait dans le miroitement de l’eau. Je perdais toute identité et ça me donnait vraiment une mine horrible.  Une fois le rituel terminé, Stark reprit son interrogatoire.

-Je réitère ma question June et vous feriez mieux d’y répondre. Que s’est-il passé ce soir-là ?
 
- Je vous l’ai dit je n’étais qu’un otage, je ne sais pas ce qu’Harker cherchait…

A peine la phrase fut-elle terminé que ma tête plongea dans l’énorme cuve. L’eau rentra dans mon nez et ma bouche si bien que je suffoquais rapidement. Lorsque l’air revient, j’étais à bout de souffle.

-Vous voulez vraiment continuer comme ça June ? Que s’est-il passé ?


-Je … Harker … Il cherchait quelque chose dans la pièce du fond. Il cherchait … Un plan je crois. Ou des plans. Je crois qu’il cherchait des plans parce qu’il voulait s’échapper et c’est pour ça qu’il voulait me tuer. Parce que j’avais compris ses plans alors il est revenu à l’infirmerie. Il est instable, dangereux, c’est un malade et il recommencera … Il tuerait pour sortir d’ici.

-Vous voyez quand vous voulez. Maintenant je veux en savoir plus sur Foster.

Je vous ai déjà dit qu’il n’avait rien à voir là-dedans !

-Mauvaise réponse

A nouveau Martha plongea ma tête dans l’énorme cuve et quelques essais plus tard, lorsque je manquais de me noyer, Stark décida que ça suffisait pour aujourd’hui. On me jeta à nouveau dans ma cellule. Je retombais comme une masse sur le sol, plongeant à nouveau dans le noir, je fixais le mur avant de sombrer dans le peu de sommeil que j’avais.

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Dernière édition par June Harmon le Sam 15 Juin - 13:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Bloody memories ~ June's Diary   Sam 15 Juin - 13:05

Part III, So overdue, I owe them ... Swept away, I'm stolen

Lorsque je m’éveillais, j’ignorais combien de temps s’était écouler. Plongée dans le noir, je ne pouvais que ressasser le passée. Je pensais à Azraël, j’aurais voulu entendre ces pensées, j’aurais voulu savoir s’il allait bien… Je savais que c’était idiot, je me doutais bien qu’il avait le même sort que moi ou peut-être bien pire encore. J’aurais aimé revenir sur le toit lors de notre première rencontre. J’aurais aimé ne jamais lui avoir adressé la parole, si seulement j’avais pu avoir un don plus utile, un pouvoir plus puissant qui aurait pu lui éviter de croiser ma route… Que vas-tu devenir Azraël ? Sortiras-tu indemne de tout ça ? Ton regard n’aura-t-il pas changé …

Allongée sur le sol glacial, il m’arrivait parfois d’avoir d’autres hallucinations. Je voyais les murs autour de moi se resserrer, m’empêchant de respirer, je me mettais à suffoquer pendant d’interminables minutes avant de reprendre pied dans la réalité. D’autre fois, je voyais des insectes grouiller le long de ma jambe comme si ma propre chair pourrissait et emplissait la pièce de rampants qui glissaient le long des murs. Durant ces crises, il m’arrivait de hurler, de me débattre avec ces choses qui n’existaient que dans mon imagination. Parfois les effets étaient moins violents, j’avais seulement des vertiges ou une vision floue de la pièce. Ca me rendait dingue. Je sentais que j’étais en train de devenir complétement folle avec ces traitements à répétition. Et les interrogatoires semblaient ne jamais s’arrêter comme dans une valse macabre. J’avais l’impression de passer mon temps dans cette cuve à suffoquer. Mes nuits n’étaient bercés que de cauchemars. Je ne parvenais pas à dormir ou très peu. Manger était devenu une épreuve car le moindre aliment engloutit me donnait la nausée. Mais Stark n’abandonnerait pas.

Je ne sais combien d’heure, de jours ou peut-être semaine j’ai pu passer dans cette cellule. Comme leurs médicaments ne semblaient pas porter leur fruit avec moi, on décida d’arrêter tout le processus du jour au lendemain. Un véritable sevrage commença. Je me tordais sur moi-même, prise de violentes douleurs à l’estomac sans savoir pourquoi. J’avais des crises d’hystéries seule dans ma cellule, je me jetais sur les parois sans raison et  l’on avait fini par m’attacher sur un lit pour que j’évite de me blesser ou pire encore … Au bout d’un moment, je recommençais à être calme. Les hallucinations disparurent et je retrouvais une certaine lucidité. C’est à cet instant que Stark choisit de poursuivre ses entretiens avec moi. On m’installa sur un fauteuil roulant avec une perfusion et je roulais à nouveau vers cette salle qui me terrifiait. En chemin, je croisais un homme. Je crois que je le vis à peine. Nos regards se croisèrent juste un instant.

-Azraël …

Je murmurais un son à peine audible. Je n’étais même pas sûre que ce soit réellement lui. J’étais si fatiguée …

-Ah mademoiselle Harmon ! Vous revoilà. Vous avez une mine horrible. Vous devriez manger vous savez. Cela vous redonnerez un peu de tonus.

Tandis qu’il parlait, on avançait mon fauteuil vers une table métallique où se trouvait non pas des objets médicaux mais un verre de whisky. Le docteur l’approcha de ma bouche et je détournais la tête.

-Je suis là pour répondre à vos questions alors poser-les et qu’on en finisse.
 
-Je faisais cela par politesse, je n’aime pas beaucoup boire seul mais puisque vous insistez, nous allons commencer. Si je vous ai bien suivie depuis le début, vous pensez qu’Harker a un plan pour s’échapper d’ici n’est-ce pas ? et que Foster n’a rien à voir avec lui ?

J’hochais la tête. Le docteur s’approcha et sortit un petit flacon de sa poche. L’infirmière qui était là m’attacha alors au fauteuil sur lequel je me trouvais.

-Vous avez encore peur que je vous saute à la gorge ?
 
-On n’est jamais trop prudent avec les esprits rebelles mademoiselle Harmon. Croyez bien que je vais faire en sorte que vous répondiez à mes questions et puisque la manière douce ne vous a pas convaincue je vais employer d’autres méthodes. Ca me rappelle un peu la guerre et la prise d’otage. Vous savez, cette période de l’histoire offre des tortures modernes bien moins contraignantes que celles que l’on utilisait au moyen âge. Vous allez comprendre pourquoi dans quelques instants … Mais avant j’aimerais vous poser une énième fois la question, Foster connaissait-il Harker ? Est-ce pour vous convaincre de rejoindre son camp qu’il s’est rapproché de vous de la sorte ?
 
-Non. Je suis fatiguée de vous le répéter Stark, non non et non !

Le docteur s’avança alors vers moi et il versa le flacon sur mon avant-bras. Une poudre blanche tomba sur ma peau, comme une pluie de neige. Seulement voilà, cette neige s’appelait soude et elle était pire que les flammes de l’enfer. Son contact me fit hurler de douleur comme jamais. Mon bras se mit à trembler si fort entre les mains de Stark qu’il eut du mal à maintenir ma main.

-Arrêter ! Arrêter ça !

-Ce processus s’appelle la brûlure chimique. Maintenant vous allez me dire tout ce que je veux savoir June et j’arrêterais le processus. Sinon vous y laisserez le bras.

Je commençais à suffoquer la douleur était terrible, comme si l’on me mordait la chair, comme si l’on retournait un poignard dans ma peau encore et encore.

-Harker est dans la résistance. Il volait ces plans pour le groupe de résistant qu’il a monté quelque part au sous-sol. Mais Foster n’en savait rien il était juste au mauvais endroit au mauvais moment. Je le jure ! Arrêter ça ! Il me faut de l’eau je vous en supplie ça fait trop mal !

Des larmes ruisselaient le long de mes joues, tandis qu’une douleur insurmontable finit par faire basculer mon fauteuil sur le sol. Je gémissais comme un animal, je suppliais. Stark versa alors je ne sais quel liquide sur moi et il sembla alors enfin que le feu cessait.

-On ne peut pas mettre d’eau sur ce genre de plaie, ça serait pire. Le vinaigre est la solution. Maintenant June vous allez m’écouter attentivement. Vous allez devenir l’un de mes espions, vous voyez une taupe. Et nous allons nous revoir ici même chaque mois pour que vous m’en appreniez d’avantage sur les rebelles. Et si vous en parlez à quelqu’un, si vous essayer de tenter quoique ce soit … Vous reviendrez dans cette pièce et cette fois, vous y resterez.

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June Harmon


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MessageSujet: Re: Bloody memories ~ June's Diary   Lun 16 Sep - 22:49

Part IV, I know I'll never be me, without the security of your loving arms keeping me from harm ...


Lorsque tout fut terminé, un vide immense s’empara de moi. Et chacun de mes pas dans l’institut ne faisait que creuser ce vide infini qu’avait ouvert en moi la perte d’Azraël. Mes blessures, ma fatigue, rien ne pouvait m’affecter d’avantage que ce manque que j’avais de lui, de son sourire … La perte de mes parents avait été une épreuve mais cette trahison était un déchirement bien pire encore. Je n’avais plus le goût de vivre, et seule l’ombre de Stark rodant dans mes pas me faisait encore avancer. J’étais devenue un automate, froid, distant, agressif parfois. Je passais de longues heures à fixer les fissures de ma cellules, je les comptais jusqu’à perdre le fil de ma pensée, imaginant parfois mon cœur aussi abîmé que ces murs.

Six semaines. Avais-je pris la bonne décision ? Et en existait-il seulement une ? Avais-je réellement pu sauver son âme de cet enfer ? La sauver de Stark … De sa noirceur … De la mienne… ? Dieu seul sait combien de questions me rongeaient à chaque minute, chaque seconde de la journée et même de la nuit. Je n’avais pas à me plaindre. C’était mon fardeau, ma punition. Mais je savais qu’à cet instant, je n’étais pas la seule à questionner … Que peut-on faire d’autre lorsqu’on est seul avec soi-même. Je voulais l’aider. Je refusais d’imaginer un Azraël différent de celui qu’il avait été. Seulement j’ignorais où et comment…

Les premiers jours me parurent infinis. J’étais à nouveau seule, perdue dans ces couloirs qui me renvoyaient au labyrinthe qu’était devenu mon esprit. Stark n’était jamais loin et chacun de ses collaborateurs prenait grand soin d’observer mes moindres faits et gestes. Je savais que je devais bouger, mettre en place un stratagème pour vendre les résistants, les dénoncer pour protéger Azraël car mon attachement pour lui le mettait en danger. Merde ! Pourquoi fallait-il que je sois si faible, si fragile … Je n’arrivais à rien, j’avais tout raté … Azraël avait été blessé, Aaron avait sans doute eu un traitement bien pire encore … Et maintenant je devais dresser une liste noire, des noms sur du papier, d’autres blessés et peut-être même pire. Comment pouvais-je me sortir d’ici ? Comment ne pas devenir totalement folle entre ces murs d’où émanaient la peur et la violence ? Comment ne pas devenir responsable de la mort de dizaine de pensionnaires … Imaginer leur sang sur mes mains me donnait la nausée. Tout ici me ramenait sans cesse au malaise que je ressentais. Je dormais peu, mangeais à peine et évitais tout contact avec les autres. Je passais beaucoup de temps dans les sous-sols comme si j’essayais de disparaître totalement, de n’être plus qu’un autre cadavre, qu’une autre mystérieuse disparition … Pourtant un jour, une voix me guida. J’avais été si longtemps enfermé dans ma propre solitude que l’idée même de l’extérieur était devenue chimérique. Pourtant la voix ne faiblissait pas .. C’était des pensées. Les siennes.

J’eus d’abord peur. Peut-être que je commençais à dérailler totalement … Mais je l’entendais. Le cœur serré, j’avançais vers une porte à peine éclairée perdue dans ce dédale de tuyaux qu’était les sous-sols. Sur la pointe des pieds, j’observais par la lucarne ornée de métal cet homme recroquevillé sur le sol. Saisie, je reculais. Des larmes roulaient sur mes joues en silence tandis que ma bouche, muette n’osait prononcer ce nom que depuis deux semaines déjà je ne cessais de ressasser. Comment lui dire ? Je suis désolée, je te demande pardon pour tout, pour les mensonges, les blessures, le mal que je t’ai fait, que je risquerais de te faire encore car je ne suis pas comme toi.  Si tu savais combien de fois je me suis répété ces mots en voulant te les dire et pourtant j’en suis incapable même aujourd’hui, devant toi, je n’y parviens pas. J’aurais trop peur de te blesser d’avantage, trop peur de te laisser m’apprivoiser, trop peur d’aimer …

Pendant deux jours, je suis venue devant cette porte qui n’était pas gardée du moins la nuit car introuvable sans doute par les pensionnaires. Deux jours à ne rien faire qu’à écouter ta respiration, entendre ce souffle de vie et savoir que malgré ça, malgré tout ça, tu étais en vie. Et pour t’aider à le rester, à continuer de croire en la lumière, j’ai fait ce que je faisais de mieux : mentir. Encore.

J’ai écrit, des mots que tu ignoreras être les miens mais je les ai écrit aussi souvent que possible. Parce que tu mérites de quitter cet endroit et d’être heureux encore loin de ces murs…

" Je n’ai jamais beaucoup écris d’abord parce que je n’en ai jamais eu le temps mais surtout parce que j’ai toujours été incapable de manier les mots comme je l’aurais souhaité. Mais ici, dans entre ces murs infranchissables, ces quelques mots sont mon seul salut, le seul moyen que j’ai de parler avec un autre, avec vous qui j’espère lisez ces quelques notes prises sur le peu de papier que je peux trouver. C’est incroyable de partager ce morceau de mon histoire avec vous que je ne connais pas alors qu’en vingt et une années d’existence, j’ai toujours été incapable de parler de moi ou de mes sentiments aux personnes de ma propre famille. Peut-être suis-je aujourd’hui prête à affronter le passé ?

Je suis née du côté de Galway en Irlande. Durant toute mon enfance, j’ai parcouru ces mêmes chemins verdoyants sillonnant la lande, courant derrière l’océan qui s’étalait à perte de vue sous mes pieds. J’habitais une petite maison sur le bord de mer, une bicoque en bois blanc d’où l’on pouvait voir les plus beaux couchers de soleil de la région. J’aimais cet endroit et l’odeur du poisson frais que mon père ramenait du port. Ewen, mon père, m’a élevé seul avec l’aide de sa mère. Je me souviens encore de son odeur de sel et de bonbons à la menthe lorsqu’il me lisait les contes d’Andersen juste avant de m’endormir. Il me semblait déjà étant enfant que ses yeux bleu-gris me cachaient un secret insaisissable.

Je grandis, bercée par l’idée qu’il existait encore en ce monde une part de magie, au-delà de la destruction et de la guerre. J’ai passé les plus merveilleux étés à Galway, assise sur le sable chaud, laissant les vagues me lécher les pieds. J’y ai aussi passé les plus beaux hivers, à regarder les eaux glaciales disparaître sous l’horizon au coucher du soleil. Chaque fois, je m’inventais des histoires sur ces créatures vivant dans les abysses et gardiennes de secrets millénaires. Mais peu à peu avec le temps, j’ai oublié les légendes pour revenir dans le monde réel, celui où j’étais seulement une lycéenne qui avait eu la chance de survivre à un naufrage qui avait coûté la vie à ma mère. Pourtant, ce passé qui s’était effacé avec le temps n’était pas destiné à n’être plus qu’un lointain souvenir. Et ce que je m’apprêtais à vivre allait changer à jamais cette vie paisible que l’on avait voulu me donner.

La première manifestation de mon pouvoir avait coûté la vie à ma mère et la seconde me prit mon père emportant de chagrin ma grand-mère. Remplie de colère, je me plongeais dans la drogue et l'alcool. Je devenais le monstre qu'à recueillis Stark, une nouvelle ombre dans son armée. Je choisis son camp, je voulais croire à son rêve à défaut de croire en quoique ce soit d'autre. J'ai menti et blessé de nombreuses personnes. Des personnes auxquelles je tenais et qui essayait de m'aider à ne pas sombrer... Mais les ténèbres ont eu raison de moi...

Mais je voulais, une dernière fois avant la fin être totalement honnête avec moi-même en avouant mes crimes avec l'espoir d'un monde meilleur ailleurs, sans pouvoir, où j'aurais pu n'être qu'une jeune fille sans histoire. J'ai perdu tout espoir et c'est dans le noir de cette cellule que je vais mourir mais vous, vous avez encore cette lumière qui vous fait avancer alors faite moi la promesse de ne pas quitter ce chemin. Ne devenez pas aussi sombre que j'ai pu l'être, voyez le bien dans le mal et avancer sans détour vers la lumière ...
" Selenne

Lorsque j'eus terminé, je glissais la lettre dans l'un des trous du mur que j'avais repéré lors de mes passages précédents. Je quittais ensuite les sous sols pour ne pas y revenir. Par peur. Peur de réaliser à quel point j'avais moi aussi besoin de lumière...

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Bloody memories ~ June's Diary

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