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 L'ombre et sa lumière [avec Zamour]

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Salem E. Brahams


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MessageSujet: L'ombre et sa lumière [avec Zamour]   Mar 5 Fév - 18:21




L'ombre et sa lumière


"On ne peut voir la lumière sans l'ombre, on ne peut percevoir le silence sans le bruit, on ne peut atteindre la sagesse sans la folie." Carl Gustav Jung

Cellule glacée, le froid s’immisce jusque dans mes rêves et paralyse mon sang. Il est l’ennemi pervers des esclaves de Stark, lacération imprévisible et nocturne d’un hiver qui ne cesse plus de nous tourmenter. Tremblant, je serre contre moi le faible drap qui me serre de chauffage. Ma vision se trouble, le froid contrôle tout et fait claquer mes dents. La jeune fille qui me tenait chaud a disparu, était-elle un rêve ? Je ne me rappelle pas de son nom, elle ne se rappellera pas du mien. Elle a du s’enfuir en sentant que mon cœur était une pierre plus froide encore que les murs de cette prison. Où est l’étincelle que le souffle de la nuit m’interdit ? Si je ne puis trouver de réconfort dans les bras de Morphée, que pourrais-je espérer des ténèbres sinon leur insensible beauté ?

Sorti perdant de ma lutte pour le sommeil, j’étouffe le son de l’alarme ‘matinale’ en cachant ma tête sous l’oreiller. Celle ci me donne la vision désagréable d’une Castafiore à trois bouches pleurant dans des trompettes et trucidant des chiots avec une perceuse électrique. Rien à y faire, je ne m’habituerais jamais aux réveils de l’institut Stark. Recroquevillé sous mon drap, je me cache pour écrire sur un petit bout de papier la liste des choses que je ferais lorsque je serais le maître incontesté de ces lieux.
Premièrement : faire bouffer toutes les alarmes à Stark. Non. En garder une pour Finchell.
Deuxièmement :Trouver la pourriture qui bosse à la chaufferie et l’enfermer entièrement nu dans une chambre froide jusqu’à ce que mort s’en suive.
Troisièmement : Il n’y a pas de troisièmement car le crayon est si fragile qu’il se brise entre mes doigts. Ce truc est probablement plus vieux que moi, me dis-je en dissimulant mon bout de papier dans un minuscule petit trou dans le mur. On y trouve de drôles de vieilles choses là dedans : Cadavres de papier, de crayons, de morceaux de tissus, de photos et même de lettres qui ne m’appartiennent pas, mais qui se sont malheureusement perdues dans mes pas. A qui sont ces merveilles ? Je n’en sais rien, mais cela me fait sourire. L’impression d’être un tout petit garçon qui collectionne des vieilles choses cassées comme il collectionne des histoires. Cela a le mérite de garder mon esprit éveillé, même lorsqu’il fait moins vingt degrés en enfer.

Je me redresse, quelqu’un vient d’entrer et de faire claquer la lourde porte sans même m’adresser un regard. C’est ma ‘colocataire’, grande émotive. Je lui pardonne ses crises de nerfs, c'est pas funnyland tous les jours et puis elle me fait rire alors, je la laisse détruire la cellule de temps en temps. Assis au fond de mon lit, bras croisés autour de mes genoux, je l’observe silencieusement comme au cinéma. C’est une bonne actrice, elle connaît son rôle à la perfection. Depuis le temps que je la vois déchirer ses oreillers j’ai finis par comprendre que c’était tout un art. J’aime la façon dont les plumes volent autour d’elle, cette légèreté dans le chaos, cela la rend terriblement attirante. Enfin calmée, je la vois fouiller dans son casier et se glisser dans d’autres vêtements sans se méfier de mon regard. Elle me ferait presque rougir, son don paraît-il. Mais c’est un jeu que je maîtrise à un niveau supérieur. Il suffirait que je me faufile avec un silence d’ombre jusqu’à ses épaules et que je les frôle d’un souffle brûlant. Elle serait mienne, jamais complètement. J’abandonne, je ne suis pas d’humeur à perdre. Ma curiosité cependant l’emporte. « Où étais-tu cette nuit ? » Elle me répond sans prendre la peine de se retourner, redoute-elle le pouvoir de mes yeux ? « Pourquoi, je t’ai manqué ? » Elle me fait sourire, je ne lui réponds pas, c’est moi qui pause les questions. « Et moi, est ce que je t'ai manqué ? » Je connais déjà la réponse, son silence le conforte. Elle s'immobilise quand ma bouche frôle sa nuque et glisse à son oreille un « J’ai gagné » plein de malice. Je ne peux voir son visage, mais je sens le parfum de la haine et du désir. Elle voudrait m’assassiner, planter ses ongles dans mon dos pour m’arracher la peau avec une sauvagerie féline, dévorer mes yeux, ma chaire, mon odeur capturer ma voix dans la sienne et mourir avec moi. Mais je la désarme en l’abandonnant, la laissant dans le désarroi le plus totale. En me dirigeant vers la salle d’eau il me semble que j’entends encore son cris déchirer les draps dans une colère démentielle. Cette fille sait comment me mettre de bonne humeur.

Je me demande qu’elle heure il est, une heure du matin peut être, vu le peu de monde qui traîne dans les couloirs. On ne sait pas toujours quand l’alarme peut retentir, c’est suivant les envies perverses de Stark j’imagine. A par deux ou trois courageux la salle d’eau est quasiment vide. Il faut savoir que la douche de l’institut Stark se joue comme à la roulotte russe. Tu as de la chance si tu tombes sur la douche chaude du premier coup, quant à toutes les essayer… bon courage ! Je me dirige vers mon casier numéro 696, récupère quelques affaires et me glisse douloureusement sous le jet d’eau glacée. Le souffle coupé je résiste, endurci par les nombreuses années passées ici à subir cette torture. En 15 ans il me semble n’avoir jamais gagné au jeu des douches… oui c’est bien cela, jamais, et je connais peu de monde capable de s’en venter. Les gens d’ici tueraient pour une couverture, alors une douche chaude laisser moi imaginer le spectacle. Pressé de retrouver la chaleur de mes vêtements je sors de l’eau en quatrième vitesse pour enfiler un bas. Je me dirige ensuite vers les lavabos et boude mon reflet dans un miroir brisé. Discrètement je sors de ma poche une chose très convoitée que j’ai remporté lors des derniers combats, un tube de dentifrice béni des dieux. C’est alors que je sens dans mon dos une présence indésirable. Je me retourne pour faire face à un drôle d’énergumène de deux têtes plus grand que moi. « Ton casier vieux, et dépêche-toi ! » me crache-il à la figure en me menaçant de son poing. Il doit me prendre pour un débile avec ma brosse à dent qui pendouille. Je lui fais signe d’attendre quelques secondes et me rince la bouche avant de me retourner pour lui assener un coup bien placer entre les jambes. J’attrape ensuite sa grosse tête de débile et l’assomme contre le lavabo (ça résonne comme dans un château !)

Ce que je ne sais pas c’est que le bougre n’est pas tout seul et qu’un de ses amis m’attend au tournant. Celui-la est plus petit, une vraie teigne du type en manque de coke. Il est entrain de déshabiller un mioche en sang à moitié mort de froid qui chiale tout ce qu’il peu. Je n’ai pas pour habitude de m’occuper des affaires des autres, mais je donnerais n’importe quoi pour que ce gamin arrête de me percer les tympans. Ces décérébrés ne méritent même pas d’être ici. J’hésite à passer mon chemin, malheureusement le junkie a déjà lâché le gosse pour s’occuper de mon cas. « Qu’est ce que tu regardes le vieux, tu veux peut être vider tes poches tout de suite ou tu préfère que je t’arrache d’abord ton dentier ? » Fatigué d’être pris pour un vieillard ( suis-je si abîmé que ça ? ) je tire ce chien galeux par les oreilles et le traîne jusque sous la douche. Le bras coincé dans le dos, la tête éclatée contre le carrelage il continu de se débattre et de crier des insultes d’un autre temps. A entendre ses hurlements je crois que je viens de lui casser le bras droit. Le fou continu de se débattre et parvient presque à me faire tomber. Je décide alors de m’amuser un peu et le force à avaler sa savonnette, rien qu’à l’odeur je sais que ce truc à un goût abominable. Il me semble que j’entends quelqu’un crier derrière moi, mais l’adrénaline du combat m’as assommée et je ne sens même pas le poids d’un homme s’abattre sur moi. Je suis captivé par le spectacle du junkie qui se tord dans tous les sens et vomi ses tripes, littéralement, il vomi tant et si bien qu’il s’étouffe et meurt. Je me demande ce que Stark met dans ses savonnettes…






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MessageSujet: Re: L'ombre et sa lumière [avec Zamour]   Mer 6 Fév - 14:48




L'ombre et sa lumière





Je me tournais et me retournais dans mon lit, me battant contre moi même. Les draps fins, froissés, trempés de sueur, avaient été repoussés au bord du lit. Minuit me semblait déjà loin... La fureur de la nuit défonçait mon torse, se languissait de ma souffrance, traversait mon être comme un couteau dans du beurre. Le jour que je voulais voir vivre ne se levait pas. Battu par cette nuit noire et infinie qui tenait ce jour nouveau en échec, lui serrant la gorge prolongeant par la même occasion ma propre agonie.. Chaque minute défiait le temps de manière hautaine, profitant de sa faiblesse pour s'allonger encore et encore. Je ne trouvais pas le sommeil, lacéré par la pénombre, le froid, les souvenirs... Dieu qu'il faisait froid. Je ne pouvais me concentrer sur rien, j'avais pourtant presque chaud. Enfin non, c'était étrange, comme si j'avais de la fièvre. Que se passait-il ? J'avais toujours eu du mal à m'endormir ici, mais c'est la première fois que la Nuit m'apparaissait comme une torture, aussi éprouvante qu'un test de Stark. Mes doigts endoloris par le froid refusaient de se décrisper. En position fœtale, tremblant, je m'efforçais de positiver... Ce devait une nuit particulièrement glaciale qui sévissait dehors. Et j'avais cette sensation qu'elle sévissait aussi dans mon être ce soir. Impossible de trouver le sommeil. Comme s'il se jouait de moi, arrivant et me clouant progressivement les paupières pour mieux me réveiller en sursaut avec des milliers de petites aiguilles s'enfonçant dans chaque millimètre de ma peau, dans chaque recoin de mon cerveau, dans la plus infime partie de mes pensées.. Je décidais de céder, je n'en pouvais plus. J'allais la battre cette foutue nuit, elle n'aurait pas raison de moi. J'avais l'air d'un zombi pas frais, aussi tapais-je doucement contre ma joue pour me réveiller sans vraiment de succès. Qu'est ce que j'allais bien pouvoir faire pour survivre à cette nuit infâme ? Je devenais fou à contempler mon plafond, puis le mur et à nouveau le plafond. Écoutant chaque petit bruit attentivement, le souffle d'Arté était lent et régulier, je l'enviais secrètement. Je le sentais, la nuit allait être encore longue... Je m'assis sur mon lit, et tout en regardant Arté dormir paisiblement, je pris quelques affaires pour aller à la douche. Rien de mieux qu'une douche pour pouvoir dormir paisiblement après... Je n'étais pas vraiment convaincu mais, après tout, valait mieux ça que rester ici à compter chaque seconde.

Le couloir était désert. Seul le silence était là présent, massif, dérangeant. J'avance, un pas après l'autre, me remotivant mentalement du mieux que je pouvais. J'allais prendre une douche, certes froide mais ça allait me vivifier, et je pourrais probablement dormir après ! Il y avait déjà quelqu'un dans une douche. Impressionnant, moi qui pensait ne croiser personne. Un garçon se faisait emmerder par un petit, l'air mauvais. Je l'avais déjà croisé et je ne l'aimais pas franchement. Il mériterait un jour de recevoir une bonne leçon. Aussi je lui fait une remarque à voix haute. « Hey ! Laisses le tranquille tu veux ! » Le petit teigneux fait mine d'arrêter. Voilà qui est mieux. Un gros balourd est dans le fond de la salle d'eau, je sais pas trop ce qu'il fout, il a un regard mauvais et une sorte de sourire supérieur qui s'affiche au coin des lèvres. Je suis étonné de voir qu'à … Quelle heure est-il d'ailleurs ? Deux heures ? Une heure ? Aucune idée, ce soir le temps m'échappait complètement, comme un sablier qui se serait brisé entre mes doigts laissant échapper les grains un à un... Je décide de prendre la première douche. Je pousse la porte blanche avec le coude et le son des gonds grinçants m'exaspère. Je soupire. C'est une nuit abominable. Le petit teigneux avait attendu visiblement que je sois dans ma douche pour reprendre la misère qu'il faisait au gamin. Je pensais en mon fort intérieur qu'il ne perdrait rien pour attendre ce petit enfoiré. Comme prévue, la douche est glaciale, encore plus glaciale que l'atmosphère, comme si ça pouvait être possible... Je me demandais même comment l'eau ne gelait pas directement. La chair de poule s'empara de moi. En speed, je me lavais. Aussi pénible que cela puisse être, ça avait au moins le mérite de m'avoir rendu frais et de nouveau sur pied. Ma zombie attitude m'avait quitté. J'avais les idées plus claires. Comme si cette douche m'avait remis les idées en place et ragaillardit. J'enfilais un pantalon noir en guise de bas de pyjama. L'autre homme aussi était sorti de sa douche et se brossait maintenant les dents. J'approchais du lavabo ternit par le temps, les fissures le parcourraient du sol jusqu'au robinet. Comment des antiquités pareilles peuvent elles encore fonctionner ? Je me débarbouillais simplement le visage. Le Balourd qui avait le sourire en coin chercha l'embrouille à mon voisin de lavabo. Celui-ci finissait de se brosser les dents et en l'espace de deux secondes neutralisa le grand débile. Un coup de poing bien placé d'abord puis il lui fracassa la gueule contre le lavabo. Scène d'une incroyable violence et foudroyante de rapidité. Je réalisais alors que celui que l'homme à mes côtés était très fort. Note à moi même : ne jamais emmerder ce gars là. Le bruit de son crâne contre le lavabo résonnait encore. Je n'avais pas envie de m'insérer dans la bagarre, ce n'était pas mon problème et j'aurais probablement réagis comme l'homme au dentifrice.

Visiblement c'est quelque chose que le petit con qui emmerdait toujours les plus faibles n'avait pas intégrer...Sa nouvelle cible était celui qui avait mis à terre son gros balourd de pote. L'homme au dentifrice là encore ne se laissa pas faire. Il traîne le petit homme dans les douches sans problème et le fait hurler de douleur. Je trouve qu'il y va un peu fort c'est peut être mérité mais y a un moment où faut pas aller trop loin non plus. Je les laisse se battre pensant qu'il allait lui infliger une bonne leçon. Soudain un frisson me parcoure l'échine, un bruit sourd, un craquement, un hurlement atroce. Le petit teigneux souffrait le martyr. L'homme que je respectais pour avoir réglé leur compte à deux pauvres mecs se mettait soudain à délirer, Il allait beaucoup trop loin. Aussi décidais-je enfin de m'interposer entre les deux hommes. Je pris l'homme au dessus de la petite teigne par le col, mais le bougre s'accroche, j’entends le pauvre homme vomir toute ses tripes, puis plus rien. Mais merde qu'est ce qui se passe dans cette douche, qu'est ce qu'il fout !!! Je tire plus fort et l'homme est propulsé en arrière. Il avait perdu ce calme avec lequel il avait assommé le premier homme contre le lavabo. Il avait les yeux révulsés de haine, les veines saillantes, et il semblait presque prêt à en découdre avec moi. Je le plaque contre un mur avec violence, serrant la mâchoire contre le fou furieux. Il me repousse avec force, et je lui place alors un bon coup de poing au niveau des côtes.

« T'arrêtes ça tout d'suite ! Espèce de Malade ! Tu vas le tuer Bordel ! »

Je cherchais plus à le calmer, qu'à le maîtriser, de ce que j'avais vu on avait sensiblement la même force. Je voulais plus qu'il revienne à la réalité, qu'il retrouve ses esprits, qu'il réalise qu'il vient presque de tuer un pauvre gars dans les douches...

Son regard haineux se porte sur moi. Il n'a pas émis un quelconque gémissement suite à mon coup de poing, je m'attends à des représailles imminentes. Je le regarde furieux, déterminé à maîtriser ce mec qui visiblement avait pété les plombs.




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MessageSujet: Re: L'ombre et sa lumière [avec Zamour]   Sam 9 Fév - 18:45




L'ombre et sa lumière





Le spectacle assourdissant de cette vermine en dégénérescence me répugne. Mon regard d’artiste glauque n’en éprouve pas moins une grande satisfaction. Accroché au corps putréfiant je m'apprête à lui porter la touche finale, admirant mon œuvre funeste avec un émerveillement presque enfantin. Voir la mort comme un art et l’art comme une raison de vivre n’est pas tellement paradoxale. Intimement liés l'un à l'autre ces deux contraires s’attirent comme des âmes sœurs. Elle est la partition rêvée dont je me fais chef d'orchestre, le chant des soumis, la symphonie des os brisés, concerto pour savonnette en douche majeur. Bravo, quel talent ! Je m’applaudirais si je n’avais pas les mains prisent au piège d’un nouvel adversaire. Celui-ci est plus fort, plus expérimenté. Il maîtrise mes gestes avec une remarquable habilité. D’où sort-il ? Je ne l’ai même pas senti s’écraser sur moi. Probablement un autre de ces drogués à l’asphalte, modèle ‘je me fou dans le nez tout ce qui ressemble à de la farine ’. Le grand malin du personnel qui fait marcher le commerce est certainement l’homme le plus riche de cet institut. C’est une fouine, mais je lui ais déjà prouvé qu’il ne fallait pas faire l’idiot avec moi. Parfois je lui présente des filles en échange de quelques pepitos, il faut bien survivre aux longues nuits d’hiver...

Le temps file à une vitesse hallucinante. Alors que je m'égare dans ma contemplation, mon adversaire me propulse contre un mur et me retient prisonnier. Le choc est violent. Désorienté par les cris qui me transpercent le crâne je fonce, titubant, je frappe, je me débats pour me libérer et je frappe plus fort sans grand espoir de blesser qui que ce soit. J'’ai sans doute quelque facilité malsaine à neutraliser les plus faibles d’esprit, mais je ne dois pas compter sur ma force physique. Petit, j’étais l’asthmatique, le bizarre qu’on frappe à tour de rôle dans la cours de récréation, c'est là que j'ai appris à encaisser les coups. Lorsque je suis arrivé ici je n'étais qu'un gringalet, malade, un pitoyable déchet de l'humanité. Mais la souffrance m’a endurci, je me nourris à présent de ses larmes amères. Frappe moi plus fort, nourrit moi encore. Elles sont le carburant de mon existence, ma force d’esprit, ma déraison.

J’ai des fissures dans les paupières, le visage voilé de mon assaillant est déstructuré par ma rage. Je dirais qu’il est un géant prêt de me broyer entre ses doigts. Sa voix est puissante, mais sa langue je ne la comprends pas. Seulement des mots insensés me parviennent. Malade, je suis le pire des malades. tuer ? Va-t-il me tuer comme j’ai tué son ami de sang froid ? Je n’éprouve aucune peine, je n’ai pas le cœur à cela. Redoublant d’effort pour me dégager de son emprise je déclenche sa colère. Elle vient s’écraser contre mes côtes avec une violence aiguë, inondant ma bouche d’un goût de mort. Brisé je m’écroule à ses genoux. Je tousse un rire étouffé appuyé contre ses jambes. Titubant je cherche un point de repère, quelque chose pour m’aider à me relever, mais ma tête tourne et je perds l’équilibre. Je m’agrippe alors à ses vêtements que je déchire sans prendre garde. Je me relève et fait face à ses grands yeux. Ils m’assaillent de questions, quel est ce regard de terreur et d’incompréhension ? Je devrais pourtant être celui qui a peur, je devrais m’enfuir ne pas risquer ma vie si futilement. Que cherche-t-il au juste pourquoi ne pas en finir toute suite? Ce type là n’est pas comme les autres, il est pire que les autres. Il me laisse m’essouffler dans ma haine jusqu’à l’épuisement, mais il ne frappe pas pour tuer. Est-ce par bonté ou par sadisme ? Si son cœur me révulse, son intelligence m’attendris. Je ne peux m’empêcher de sourire à cette découverte, enfin un adversaire à ma taille.

Avec le peu de force qu’il me reste j’écrase l’homme contre un mur et serre mes mains autour de son coup. J’appels à sa violence pour en découvrir les limites, pour ce faire j’ai dans mon âme un don précieux. Je m’apprête à libérer ses plus infâmes pulsions. Mes yeux dans les siens exercent alors le plus effroyable pouvoir. Il me semble n’avoir jamais rencontré d’âmes plus torturées que la sienne. C’est toute sa rage que je respire, qui s’infiltre en moi comme un poison. Elle s’incruste dans l’air et m’empêche de respirer. Comment fait-il pour supporter une si terrible angoisse? Plus je respire sa souffrance et plus mes doigts se serrent contre sa gorge. Comment peut-il rester de marbre ? Je vais le tuer s’il ne bouge pas, ais-je donc aucune emprise sur lui ? Impossible, mes yeux n’ont pas quittés les siens et mon pouvoir ne s’est jamais manifesté de manière aussi violente. « Qui es-tu ? » M’écriais-je tout en le regardant s’étouffer entre mes mains. « Pourquoi ne te défends-tu pas ? » Je suis à présent plus angoissé que lui, terrifié à l’idée qu’il soit si supérieur à moi. C’est alors que retentit le son terrifiant de l’alarme. La ronde matinale des gardes ne va pas tarder à commencer. Ne tenant pas à ce qu’ils me trouvent en présence de deux cadavres je finis par relâcher l’emprise que j’ai sur l’autre homme. A bout de souffle je me laisse glisser sur le sol à côté de lui. Il va me falloir redoubler d’ingéniosité pour me sortir de ce pétrin...







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Dernière édition par Salem E. Brahams le Sam 9 Fév - 21:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'ombre et sa lumière [avec Zamour]   Sam 9 Fév - 21:22




L'ombre et sa lumière





L'air s'était empli d'une souffrance morbide. Je ressentais le souffle rauque d'un homme mauvais. Plié sous le coup qu'il venait de recevoir, mon adversaire laissa échappé un rire sarcastique entre deux respirations saccadées. Je relâche un peu ma garde face à cet être déchu qui se battait manifestement contre nul autre que lui même. Je le regardais inquiet, je ne voulais que le réveiller, nullement lui infliger une punition qui n'était pas de mon ressort. Qui étais-je pour juger un homme ? Un fils de moins que rien... Seul un dieu pourrait se permettre de juger. Ce que je ne prétendais nullement être, peut être le roi des maladroits, l'empereur des niais, le prince des esclaves mais non je n'avais pas ce titre de dieu. Je n'ai nullement peur de l'homme qui est devant moi, aussi je ne le frappe pas à nouveau, cherchant dans son regard la lueur qui m'indiquerait qu'il était revenu à lui, revenu à la raison. Mais je ne vis aucune étincelle de ce type, simplement une rage démesurée, une flamme rouge sang, une soif de m'anéantir. Je fus surpris, je pensais que mon coup lui remettrai les idées en place. Il m'attaqua avec une vitesse qui me fit chanceler. Il venait de m'écraser contre le mur, et j’eus le souffle coupé. Il avait des yeux de fou, pourtant je n'avais pas peur. Je ne saurai pas expliquer pourquoi mais je n'arrivais pas à avoir peur de cet homme. Il plaqua ses mains sur ma gorge et serra de plus en plus fort. Mon sang forçait, battant la chamade contre ses mains. Je sens que mes idées s'assombrissent, ma vision devient un peu flou. Pourtant je m'efforce de rester connecté à la réalité, de le regarder dans le fond des yeux. Je ne sais pas ce qu'il me fait, j'ai l'impression qu'il fouille en moi, déterre mon bien aimé frère ! Laisses donc sa sépulture en paix ! Laisses le se terrer dans mon cœur, ne perturbes pas son repos. La douleur était prenante, cinglante, j'enrageais, mais je savais. Je savais qu'il ne me tuerait pas. S'il regarde au fond de mes peurs, moi je plonge mes yeux dans son âme, au fin fond de ses espérances. Il ne me tuera pas. Tout semblait indiquer le contraire : il serrait sur mon cou, je ne respirais presque plus. Il enrageait de me voir sans réaction. Je ne le frapperai pas, il doit trouver seul sa limite. Je sais qu'il le fera. Ma vision devient noire, j'y crois toujours pourtant. Il me crie des mots que je n'entends pas. Et soudain un son strident, et il me lâche.

La bouffée d'air que mes poumons avalent est salutaire. Je me laisse glisser le long du mur, les yeux fermés. Cherchant à aspirer le plus d'air possible. Je savais qu'il ne me tuerait pas mais la prochaine fois, je ne prends pas le risque ! Putain j'ai failli y passer là quand même. Je touche mon coup, je sens la marque de sa main sur ma peau. Je force mon souffle à reprendre un rythme normal. J'ouvre les yeux, des tâches noires dansent devant moi. Je ne suis pas dans mon meilleur état. J'allonge mes jambes sur le sol. Ma tête chute sur le côté, comme si j'étais incapable de tenir même assis. Je rencontre alors l'épaule de mon adversaire. Lui aussi est haletant. Ce contact m'oblige à me redresser, comme un électrochoc, me ramenant brutalement à la réalité. Nous étions deux dans les salles d'eau avec un balourd sonné contre un lavabo. Un teigneux à moitié mort dans les douches, et lui et moi. Je me relève en attrapant le lavabo à ma droite. Je tire fort sur mon bras qui me hisse alors. Je me relève sans jeter un regard à l'homme assis. Le reflet dans le miroir est effrayant, jetant le reflet de mon ombre. J'étais pâle, et une marque rouge cernait mon cou. Je passais un peu d'eau sur mon visage. Ca allait un peu mieux déjà, je pris une ou deux gorgées du précieux liquide. Je me dirigeais vers la douche. Je sentais le poids du regard de l'autre, qui je le savais nageait dans l'incompréhension. En marchant je reprenais le contrôle de mes sens, de mon être. J'étais un peu plus assuré, même si ce n'était pas encore ça. Je vis que le bas de mon pantalon était déchiré, sûrement pendant le combat.. Je n'ai pourtant rien vu. J'ai donc une jambe à l'air libre. Un demi-short en quelque sorte. La tension était toujours palpable, mais elle avait comme baissée d'un cran, comme si lui et moi n'avions plus le temps de nous battre. Comme si nous étions deux rivaux qui remettaient leur match à plus tard.

Une odeur nauséabonde émanait de la douche. Le vomi, mélange de couleur et d'immondices savonneux faisait un oreiller à l'homme étalé par terre. Je retournais quand même le corps au cas où il ne soit pas mort. Le visage à moitié couvert de la puante vomissure, il avait quelques bulles qui s'échappait de sa bouche entre ouverte, son regard n 'était plus de ce monde. Je fermais ses yeux et remettais le corps comme à l'initiale. Je sors de la douche. Je ne réalisais pas encore toute la dimension de l'horreur qui venait de se produire. Je décidais pour la première fois de replonger à nouveau mon regard dans celui de l'autre homme. Mon bourreau qui se torture...
Je veux parler, lui dire quelque chose mais en plus de ne pas savoir quoi dire, je ne peux pas parler. Ma voix s'est brisée sous la pression de sa poigne. Je me contente alors de revenir vers le lavabo et la glace. Je fais de la buée avec la bouche et écris avec mon doigt
« Need help ? »

Je ne voulais pas le laisser seul dans sa merde, il était clair qu'il avait péter un câble. Et il me répugnait pour avoir tuer ce jeune gars de sang froid, il me révoltait pour n'exprimer aucun remords aucune peine. Mais il m'attirait car j'ai pu lire qu'il n'était pas perdu, il ne m'a pas tué, il aurait pu. Alors partagé entre ma haine et mon envie de connaître ce fou, je décide d'au moins l'aider. De toute manière il ne me laisserait pas partir comme ça, alors que je suis témoin de son crime...






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