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 The dream disappears and there’s no color to behold ~ Azraël {terminé}

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June Harmon


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MessageSujet: The dream disappears and there’s no color to behold ~ Azraël {terminé}   Mer 16 Jan - 18:44

Je ne savais pas ce qui m’arrivait. Je tombais. Je vivais la chute la plus vertigineuse de ma vie. J’avais cette sensation étrange qui vous saisit le cœur lorsque vous êtes entrainés vers le sol, ce frisson qui vous tire du sommeil la nuit lorsque le rêve est allé trop loin. Je me trouvais ailleurs, comme si le temps s’était arrêté autour de moi. Je me disais à moi-même que c’était finalement arrivé… Que j’allais finalement toucher le fond et n’appartenir enfin plus qu’au néant qui avait toujours baigné ma vie. Dans ma chute sans fin me revenaient des images de ce que j’avais vécu, bien avant que les ténèbres ne se soient emparées de moi. Je me revoyais lire des poèmes à d’autres orphelins qui refusaient de parler. J’aimais leur pensée, je comprenais leur silence. Je me revoyais seule dans la chapelle, passant des heures au piano à essayer de jouer correctement la messe dominicale. Je me revoyais quittant Ste Anna avec mon diplôme. Et puis les souvenirs se mirent à changer de couleur. La clarté disparaissait, engloutie par l’obscurité de mes nuits cauchemardesques, par la peur de me voir telle que j’étais, par ces tâches de sang sur mes mains. Je le sentais, il se rapprochait, c’était inévitable. Je n’étais plus très loin de toucher le fond de cette abime qui m’aspirait. De l’effleurer du bout de mes doigts. Je me sentais si triste, si vide à l’intérieur. Abattue, je ne luttais pas. Je saluais Lucifer dans son manteau cousu d’âmes damnées. Je le regardais sans peur. Le moment était venu …

Et puis soudain, la chute suspendit son cours. Il me sembla alors que des ailes me poussaient dans le dos m’envolant loin de la noirceur. Je ne ressentais plus la douleur. Le poids de la rancœur et de la tristesse se dissipait comme s’il n’avait jamais existé. Mon être tout entier se laissait gagner par cet état de plénitude total qui semblait laver mon âme de tous ses crimes. Je n’existais plus ni dans le temps, ni dans la matière. Je ne connaissais ni le bien ni le mal. Je vivais pour vivre, heureuse simplement de m’égarer dans cette lumière qui m’avait si souvent manqué. Mais comme Azraël me l’avait chuchoté, mon heure n’était pas encore venue.

J’eus une secousse, comme si je manquais soudain d’air. Une autre, et une autre … Quelqu’un me rappelait là-bas. Mon ascension s’arrêta alors, et mon âme reprit possession de mon corps. Un corps douloureux que j’aurais préféré abandonner là. Je clignais des yeux. La réalité. Elle était là devant moi et elle me donnait la nausée. Je me sentais mal. Si mal …

Au loin, je voyais Azraël. J’avais envie de me mettre à hurler, de piquer une crise. Une grosse crise à m’en arracher les cordes vocales. Je voulais me jeter sur lui et le ruer de coup, faire quelque chose de magistral, quelque chose dont on pourrait se souvenir. Pourquoi tu m’avais arraché à ça ? Pourquoi tu m’avais ramené là dans la réalité ? Mais surtout pourquoi fallait-il que tu sois aussi gentil ?

Je voulais te maudire, te dire de t’en aller et trouver des mots abjects pour te montrer à quel point tu avais eu tort. Tort de croiser ma route, tort de commencer à t’attacher à moi, à un monstre sans âme. Je voulais te blesser et retourner le couteau dans la plaie autant de fois qu’il le faudrait pour que tu comprennes que je ne méritais pas quelqu’un comme toi, que tu valais mieux, que tu avais encore une chance de t’en sortir toi. Moi j’étais le poison qui allait finir par te tuer lentement, sans faire de bruit, quand tu ne t’y attendrais pas. J’allais te faire du mal. Je le savais mais toi, ton innocence t’empêchait de le voir.

Il me fallut pas mal de temps avant d’être calme à nouveau, avant de comprendre réellement la situation. Je te regardais toi, Azraël, ange de la mort et je te maudissais autant que je t’aimais. Je m’en rendais compte maintenant. Je t’appréciais … C’était presque un renouveau pour moi de pouvoir réellement apprécier quelqu’un. Mais je savais que cette idée était mauvaise. Mauvaise pour toi, pour ta sensibilité, pour l’être parfait que tu étais. Je te briserais tôt ou tard car j’étais une personne qui ne savait plus apprécier. Je ne savais que détruire.

Je me redressais, regardant cette pauvre chose que j’étais sous son manteau, ce lambeau de moi-même qui subsistait encore. J’avais un pansement de fortune et cela me rappela la douce sensation du verre sur ma peau. Je regardais alors Azraël.

- Tu l’as vécu toi aussi n’est-ce pas … Ce flashback … Et dire que ça ne t’as pas empêché de m’amener ici. Tu es irrécupérable…Je ne suis pas une bonne personne. Je ne t’apporterais rien. Tu essaieras de me serrer et je te glisserais simplement entre les doigts avec de la cendre. Une traînée de cendre. Un trait noir. Personne ne veut d’un trait sombre dans sa vie, n’en ajoute pas un autre à la tienne.

J’avais parlé d’un ton étonnamment calme et lucide malgré mon état. Je m’étais relevée, m’adossant à la cheminée du mieux que je pouvais. Je lui tendais son manteau de la main. N’importe quel idiot l’aurait pris et serait partit. C’était bien mieux comme ça.

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Dernière édition par June Harmon le Dim 20 Jan - 23:35, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: The dream disappears and there’s no color to behold ~ Azraël {terminé}   Mer 16 Jan - 21:23


J'étais toujours debout, la vapeur s'échappait suivant ma respiration lente et régulière. L'air pur insufflé gonflait mes poumons, c'est fou comme la nature m'apaise. J'étais étrangement calme, serein devant ce lever de soleil malgré les images qui avaient frappées mon esprit. J'y pensais en prenant le plus de recul possible, cherchant une explication à son geste. Cherchant à comprendre pourquoi avait-elle subit tout ça.. Je ne trouvais néanmoins pas la clef du problème. J'avais beau retourner la situation dans mon esprit, je ne comprenais pas. Tout m'échappais. Je savais que la femme derrière moi était perturbée. Avait-elle essayer de mettre fin à ses jours en se tailladant le bras ? Et ce X … Pourquoi ? Qui avait pu lui infliger ça ? Quel être immonde avait pu faire une telle action ? J'avais un sentiment qui montait dans mes entrailles, celui d'une culpabilité. Je ne savais pas pourquoi. Ce n'était pas de ma faute ce qui lui était arrivé, pourtant je me sentais coupable. Coupable de ne pas avoir été là quand elle en avait besoin. C'est l'une des premières personnes ici auxquelles je me suis réellement attaché. Je l'apprécie sincèrement. Je n'ai pas envie de la laisser seule devenir folle parmi tout ces malades. Je voyais qu'il y avait du bon en elle, mais que c'était une âme pourtant qui sombrait jour après jour. Ça me désolait de voir cette descente lente et progressive. Ici, si on ne lutte pas... On chute. C'est inévitable, il faut quelque chose à quoi s'accrocher pour ne pas sombrer complètement.

Le silence n'était rompu que par le gazouillis de quelques oiseaux voletant dans les arbres aussi mort par ce froid d'hiver que l'institut pouvait l'être. Je savais qu'elle était réveillée. Je savais aussi que ce silence n'augurait rien de bon. Trop long, trop lourd. Je ne me retournais pas. J'attendais. Une réaction quelque chose.

Elle vint. Un ton froid, aussi froid que l'atmosphère. Oui je l'avais vu ce flash-back. J'avais vu l'horreur l'espace d'un instant. J'ai vu son supplice, j'ai vu ce X qui la marquera à tout jamais. J'ai tout vu. Je sais. Et alors ? Irrécupérable. Ce n'est pas mon sentiment. Et voilà que maintenant, je suis un boulet qui s'accroche à un monstre à l'entendre. Elle n'a aucune idée de la façon dont je la vois. Elle croit quoi ? Personne n'est parfait, tout le monde connaît une part sombre en lui, une part ténébreuse où chaque être est capable des pires horreurs. Tout le monde. Même moi.

Je me suis retourné, je ne savais pas quel sentiment était en train de saisir mon être. Je n'avais pas peur d'elle, je le prenais comme un défi. Je la regardais elle et son regard noir. Elle essayait encore une fois de me prévenir de la laisser, qu'elle allait me blesser. Que je n'arriverais pas à l'aider et qu'elle allait s'enfuir telle de la fumée insaisissable et ne laisser que des cendres, une nouvelle marque noire dans ma vie. Je n'y crois pas. Tout le monde un besoin d'un ami sincère, de quelqu'un sur lequel on peut compter, elle ne fait pas exception. Je n'ai pas peur de son côté obscur, je n'ai pas peur de sa noirceur. J'ai l'impression de la connaître, comme si je savais qu'elle ne pourrait pas me vouloir du mal volontairement. Et quand bien même je l'en empêcherai.

Elle me tendait mon manteau, son ton calme et dur m'incitait à en rester là. Je ne le ferait pas. Si elle pensait pouvoir retourner à son fardeau comme ça, elle se trompait. Je n'étais pas du genre à lâcher qui que ce soit. Je ne lâcherai jamais Tobias, c'est devenu mon second petit frère. Et elle, cette jeune femme qui lutte contre elle même ne m'inspire pas de pitié, je ne la plains pas. Je vois qu'elle à une force de caractère hors du commun, la preuve est qu'elle s'est même redressée contre la cheminée alors qu'elle n'est plus en état de faire des efforts. Elle lutte, elle cherche à me protéger d'elle même, et ce geste prouve qu'il reste du bon en elle, la volonté de ne pas me détruire. Mon regard se plante dans le sien. On dirait une lutte, je la regarde en voyant une femme qui peu s'en sortir, qui peut se battre malgré ce qui lui est arrivé. Elle me voit comme un pauvre abruti qui perd son temps.
Le silence s'était à nouveau installé, et je décidais de le rompre.

«  Oui. J'ai vu ce que tu as vécu. Je sais pour ce X que tu portes sur ton mollet. Je sais. Et alors ? Je ne te demandes pas de tout me révéler, de tout m'expliquer. Je suis simplement, quelqu'un qui veut ton bien. Je ne vais pas me détourner de toi parce que tu es mauvaise. Tu n'es pas que mauvaise, et ça je sais que tu le sais. Quant à me glisser entre les doigts, si tu peux lire en moi, tu sais ce que j'en pense n'est-ce pas ? »

J'étais calme et avec un sérieux imposant et marquant mes traits. Je ne la laisserai pas tomber. Je souhaitais être un ami, un pilier pour qu'elle puisse se relever dans cet endroit maudit. Qu'elle soit plus forte qu'eux, qu'elle leur montre qu'ils n'auront pas raison de sa véritable personnalité, la femme qu'elle était avant tout ça. La personne pleine de bonté et charitable. Celle qui lisait des poèmes et aimait le lever du jour.

« Écoutes June. On se fait tous des idées, on a tous la vérité, on a chacun son chemin, et sûrement un destin. Je ne suis pas là pour te juger, sur ta vie, tes actions ou ta manière de penser. Pas là pour te dire non plus quel chemin prendre et comment gérer ta vie. Je ne compte pas fuir devant la difficulté. Si tu as besoin de moi, je suis là pour toi. Saches simplement ça. Maintenant, je peux te ramener à l'infirmerie et te laisser tranquille. Mais ne crois pas un seul instant que je cesserais de veiller sur toi. »

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June Harmon


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MessageSujet: Re: The dream disappears and there’s no color to behold ~ Azraël {terminé}   Jeu 17 Jan - 22:11

Je regardais Azraël et ce silence pesant qui s’installait entre nous. Je voyais bien à son expression qu’il n’en resterait pas là. Il réfléchissait trop. Il cherchait à m’analyser, à comprendre mon mal être pour mieux m’atteindre. Et cela me terrifiait. J’avais encore au fond de moi cette peur irrémédiable des autres. Je n’aimais pas et je ne devais pas l’être. J’avais fait une croix sur ce sentiment en poussant les portes de l’institut. Et comme je le craignais, son mutisme ne dura pas, pas assez longtemps pour que j’organise mes pensées. Je me sentais soudain si perdue. Par combien de sentiment étais-je passé ces trente dernières minutes ? La colère, la souffrance, la peine, puis le calme, l’apaisement et finalement la douleur lancinante de mes os rongés par l’aigreur, le rouge vif de mon sang répandu sur le sol, laissant sa trace sombre hanter les couloirs. Qu’est-ce que je devenais ? Est-ce que j’étais folle ? Est-ce que j’étais en train de devenir folle ?

Oh Azraël, tais-toi… Arrête de parler si fort … Pourquoi tu ne t’arrêtes pas ? Pourquoi rien ne se passe comme je le voudrais ? Tout m’échappe … J’échoue, une fois encore. Mais bordel ! Pourquoi tu ne te tais pas ? Pourquoi ? Va faire jouer les héros ailleurs ! Tu crois que je lis en toi ? Non ! Figures toi que non ! Je n’aime pas lire les pensées des autres, je n’aime pas que ces putains de pensées rentrent dans ma tête ! Mais elles le font. Elles sont toujours là dans un coin à frapper mon crâne, à me retourner le cerveau avec des mots qu’ils vaudraient mieux ne jamais entendre. Est-ce que tu sais ce que ça fait de croiser chaque jour tous les malades qu’il y a ici, de les regarder droit dans les yeux et de ce savoir exactement ce qu’ils pensent de toi, de savoir comment certain te voient, juste comme une distraction. Bosser ici pour eux, c’est comme aller au zoo et jeter des cacahuètes aux singes en les regardant se battre naïvement. Personne ne sait ce qui se passe, personne ne se soucie de nous. On est comme des animaux, enfermés dans des cages, perdant peu à peu toute humanité. On est formaté à l’image de Stark, dressé à sauter à travers ces cerceaux de feu et à trouver ça beau et intelligent. On nous rend fier de ce qu’on est, on nous dit que nous avons le pouvoir, que notre pouvoir c’est la différence, que c’est notre force… Mais c’est faux. Etre différent c’est être seul, c’est subir le monde extérieur à qui nous faisons peur … Avant il y avait les phénomènes de foire et maintenant il y a nous, les cobayes, les mutants, des monstres avec un semblant d’existence humaine. Des expériences…

J’en avais assez. Je ne pouvais pas en supporter d’avantage. Je voulais hurler mais aucun son ne sortait de ma bouche. J’avais un nœud si énorme dans la gorge que j’avais l’impression d’étouffer. Ma main laissa échapper le manteau d’Azraël dans la neige tandis que mon corps glissait comme une masse inerte le long de la cheminée jusqu’à toucher le sol. Le miroir était brisé. Chaque morceau de lui se répandait sur le sol ne reflétant plus rien qu’une ombre déformée. Mes bras se replièrent sur mon visage et j’eus l’impression de sentir ses éclats de porcelaine entailler ma peau. Je tressaillis prise d’une sensation que j’avais jusqu’alors refuser de ressentir à nouveau. Je la sentie remonter le long de mon œsophage, jusque dans le fond de ma gorge. J’essayais de la retenir mais je ne pouvais pas … Je ne pouvais plus. J’eus un sanglot si profond, si intense qu’il me coupa en deux, me faisant me recroquevillée sur moi-même dans la neige glaciale. Je ne savais pas que mon cœur pouvait encore souffrir à ce point, je ne croyais pas qu’il m’était encore possible d’avoir mal à ce point…

J’étais étendue avec ma douleur et je voulais restée là, figée. Dans une dernière étreinte, je voulais que ce froid ardant me fige pour toujours. Je me sentais si vide … J’aimerais qu’il y ait plus d’espoir en moi… Je n’arrivais même plus à voir le visage d’Azraël au travers de mes larmes. J’avais des soubresauts, je m’étais même mise à trembler comme une feuille. Je m’agitais tellement que j’allais surement rouvrir mes blessures mais je ne parvenais pas à me calmer. Je … Je manquais d’air. Je n’arrivais plus à respirer. J’avais l’impression d’entendre un air de valse qui m’emmenait accélérant mes secousses. Mon rythme cardiaque s’emballait.

Je pleurais. Je pleurais sans pouvoir m’arrêter. C’était des larmes anciennes, des larmes qui s’étaient accumulées et qui maintenant inondaient mon monde. Je sombrais en bon capitaine, sans quitter le navire. Je repensais à Azraël, je le sentais s’approcher … J’arrivais à peine à articuler.

- Va-t-en ….

Ma bouche se tordait, exprimant cette grimace de tristesse que l'on a lorsque l'on n'a pas pleuré depuis si longtemps. Je me sentais si mal, si triste. Ils m'avaient finalement eu, les ténèbres m'avaient eu. Et plus j'y pensais, plus les larmes roulaient sur mon visage. Il était temps d'aller à l'essentiel, d'être complètement sincère...Je savais ce qu'il y avait au centre de mon âme. Il y avait mon orgueil. Oui c'est bien de ce mal dont je souffrais : l'orgueil, ma fierté maladive. J'avais besoin de l'exterminer, j'avais besoin de réduire cet orgueil au néant, de le faire taire une fois pour toutes. Mais la vérité, c'était que j'en étais incapable...

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MessageSujet: Re: The dream disappears and there’s no color to behold ~ Azraël {terminé}   Ven 18 Jan - 16:57


Les mots que j'avais utilisé n'avaient pas eu la portée que j'espérais. Comme si finalement, je n'avais fait qu'empirer son mal. Pourquoi refuse-t-elle mon aide ? Je ne demande rien en échange. Je ne comprenais pas ce besoin absolu d'être seule, de lutter seule, de sombrer seule. Je ne voulais plus parler, incapable de faire ce qu'elle attendait de moi. D'un coup elle lâcha mon manteau, son visage fermé se crispa. Elle avait glissée lentement sur le sol, et cachait son visage. Cette femme devenait livide, c'était presque un spectre devant moi qui déchira soudain le silence d'un long sanglot. La peine qu'elle ressentait me transperça le cœur. Elle souffrait, et de manière irrémédiable. Et j'étais à ce moment précis, impuissant face à tant de douleur. Elle pleurait et pleurait encore, difficilement, comme si elle cherchait quand même à retenir ces sentiments affreux qui se cachaient depuis déjà trop longtemps. Moi, j'étais là. Assistant à la scène sans y être vraiment, comme un moment irréel. Aucune idée ne me vint pour la réconforter. Je savais que peu importe le geste que je pourrais faire, elle s'en offusquerait.


Plus elle pleurait et plus ma gorge se serrait. A un moment, j'ai eu l'impression qu'elle suffoquait. Le cœur s'était abîmé, et son corps était devenu une machine rouillée qui peinait dans l'effort. Il fallait que j'arrête d'être un idiot. Il fallait simplement que je la laisse en paix. De toute manière elle était bien trop fatiguée et avait perdue tellement de sang qu'il ne lui étais plus possible de raisonner. Je m'approchais doucement pour ne pas l'effrayer, j'avais l'impression qu'elle était passé d'un bloc de pierre immense et dur à un tas de petits cailloux brisés... Elle chuchota quelques mots entre deux sanglots. Des mots qui n'auraient pas du me toucher, auxquels je n'aurais pas du accorder d'importance. Des mots qui m'ont toutefois fait plus mal qu'un coup de poing. C'était donc vrai, elle ne voulait vraiment pas de ma présence. Elle ne m’acceptait pas.

J'avais pourtant cette impression au fond qu'elle m'aimait bien, qu'elle pouvait avoir besoin de moi comme une petite sœur à besoin d'un grand frère, comme une personne a besoin d'une main tendue. Non. June n'avait besoin de personne, ni de moi, ni d'un autre. Elle se complaisait dans sa chute, se morfondait sur cette descente infernale. Décevant de voir qu'elle refusait de voir l'évidence. Alors, j'entrepris de subvenir à sa demande, rester contre son gré aurait-été criminel. Elle ressombrait dans les limbes de l'enfer de toute manière. Je n'ai pas le droit de décider pour elle. Aussi je m'approche quand même. Je crée une petite boule d'air frais dans ma main. Je la lui plaque sur la bouche de façon à ce qu'elle puisse reprendre un peu sa respiration. Ensuite je reprends le manteau dans la neige et le remet sur ses épaules. Je passe ma main sur ses yeux, de façon à ce qu'elle les ferme sans essayer de lutter. Les larmes roulent sur ses joues blanches. L'hiver était bien rude cette année.

Je l'amenais à l'infirmerie une nouvelle fois malgré que je saches que ce n'était pas un bon endroit pour elle, je n'avais pas le choix. Je la repose sur le lit, et observe que l'infirmière doit chercher June car elle a quitté son poste, quand elle reviendra, June sera là et pas moi, comme ça pas de témoin. Je prend un crayon sur le bureau du personnel où le désordre régnait, ainsi qu'une feuille de soin trouvée sus un tas de dossier médicaux. Je vois que celui de June est au dessus de la pile. Je jette un œil pour savoir si elle souffre d'un mal particulier qui explique ce comportement aussi chaotique et auto-destructeur. Rien. Des mentions avaient été rayées. Un nom de barré, Aar.. Je ne pouvais lire la suite. Je ne m'attarde pas sur ce dossier qui ne me regarde pas, hors de question de violer sa vie privée. Ensuite avec mon papier, je griffonne quelques mots.

« Si tu penses qu'un jour le chemin est trop sombre, n'oublies pas que tu as un ami. »


Je la regardais. J'étais persuadé qu'elle ne me demanderait jamais de revenir, qu'elle n'aurait jamais besoin de moi. Seul l'avenir pouvait nous le dire...
Le petit bout de papier, je le glisse dans sa main gauche. Main crispée, dans lequel j'insère difficilement mon message sans vraiment d'espoir. Elle dort paisiblement cette fois. Avant de partir je récupère mon manteau et je lui fais un bisous sur le front. Je le faisais tout le temps à Nathanaël. Un jour il m'a demandé pourquoi sur le front alors que papa et maman faisaient sur la joue. Ca veut dire, petit bonhomme, que je te protégerai toujours avais-répondu en lui ébouriffant les cheveux. C'est sur cette pensée que je m'en allais, laissant June à son infirmerie. Allais-je réussir à la protéger alors que je n'ai pas été foutu de protéger mon propre petit frère ?



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MessageSujet: Re: The dream disappears and there’s no color to behold ~ Azraël {terminé}   Dim 20 Jan - 21:36

Et alors que je croyais mourir de chagrin, un nouveau souffle me fit reprendre pied. Un air froid et léger, qui semblait enfin faire fonctionner mes poumons correctement. J’inspirais doucement, entre deux sanglots, recommençant enfin à respirer normalement. Puis je sentis quelque chose de chaud. Son manteau. Il me recouvrait une nouvelle fois, maintenant cette chaleur réconfortante autours de mon corps inerte. Je ne luttais pas, je ne luttais plus. J’avais envie de me cacher sous ses plis, d’y disparaitre totalement. Je me sentais mal, incapable de raisonner. Je voulais être seule sans vraiment le vouloir. J’avais envie d’être forte, et je cédais. Rien, plus rien n’allait comme je l’avais prévu. Pourquoi fallait-il que je sois si dure, si amère même avec ceux qui semblait vouloir m’aider…

La main tiède qui se posa sur mon front me tira de mes pensées, glissant jusqu’à fermer mes yeux qui ne savaient plus que pleurer à torrent. Je me retrouvais alors dans le noir, avec ma tristesse t mes questionnements. Je n’avais plus envie de faire semblant. Je voulais juste me laisser aller contre lui. Il me souleva, comme si je n’étais qu’une plume. J’entendais ses pas dans la neige, je les comptais, essayant de me calmer. Puis un à un moment, comme pour lui transmettre un message que je n’aurais su lui dire avec des mots, je me recroquevillais contre lui. Je m’agrippais à son pull avec le peu de force que j’avais encore. Il avait une odeur de sève et de sapin. Je n’osais pas le regarder. J’y avais été fort avec lui et pourtant il était toujours là à me porter à travers tout l’institut sans un mot, comme si c’était normal.

Je sentais mon cœur se serrer dans ma poitrine de l’avoir tellement … déçu. J’entendais ces pensées malgré moi, car je les avais écouté tant de fois déjà que j’avais une sorte de lien direct avec tout ce qui se passait en lui. C’était lui qui avait raison. Nous avions tous besoin de quelqu’un surtout ici, surtout dans un tel endroit. Je me remis à pleurer, plus discrètement cette fois. Je m’en voulais de lui avoir infligé tout ça, de le voir si triste, si désarmé… Ca me rendait malade.

Il me déposa dans mon lit qui me parut glacial en comparaison avec la chaleur qui émanait de son corps. Mes doigts restaient légèrement crispés tant ils s’étaient accrochés à lui, essayant en vain de le retenir. Je faisais semblant de dormir. Je ne voulais pas empirer les choses. Je préférais ne rien dire. Je l’entendis alors griffonné. Je connaissais ce bruit par cœur. Il me glissa un morceau de papier dans la main duquel je connaissais déjà chaque mot comme si je les avais écrit moi-même. Pourtant quelque chose réussit à me surprendre, quelque chose qui fit que mon cœur s’emballa. C’était là, sur mon front, la trace invisible de son baiser. Si je n’avais pas eu si froid, j’aurais sans l’ombre d’un doute rougis. Je n’étais pas habituée à cela, à ce genre de chose… Cela me procura une émotion très étrange mai je n’en disais rien, restant figée dans ce faux sommeil.

J’entendis alors ses pas s’éloigner. Cela m’apaisa un peu. Je me redressais alors sur mon lit, ramenant mes genoux sous mon menton pour y appuyer ma tête.

*Reprends-toi June…*

Et tandis que j’arrivais enfin à ne plus ni pleurer, ni réfléchir, quelqu’un entra dans la pièce. Avait-il oublié quelque chose ? Qu’allais-je lui dire s’il me voyait éveillée ? Prise de panique je n’eus même pas le réflexe de me recoucher. Heureusement pour moi, ce n’était que l’infirmière qui revenait.

- Mademoiselle Harmon ! Où étiez-vous passé ? J’ai fouillé chaque recoin de l’internat pour vous retrouver ! Une chance que vous soyez déjà assez amochée comme ça sinon je vous aurais fait passer vos envie de balade !

- Je … J’ai cru être capable de sortir d’ici mais en fin de compte c’était une mauvaise idée. Je crois que mon pansement a lâché.

L’infirmière me lança un regard noir et roula des yeux en voyant mon pansement de fortune.

- Dieu seul sait où vous avez été vous fourré … Mais ce n’était surement pas dans le bâtiment. Vous avez encore de la neige dans les cheveux. On vous a aidé à sortir … Une chance que vous soyez revenue à temps. Allongez-vous maintenant et sans faire d’histoire.

J’hochais la tête et me laissais glisser sous les draps. Elle attrapa alors mes poignets et les attacha aux harnais prévus, faisant de même pour mes chevilles. Elle remit ensuite en place ma perfusion avant de recoudre les deux sutures qui avaient été rompue. Lorsqu’elle fut partie, je passais de longues minutes à fixer le plafond, ne pensant qu’à ce qui venait de se passer.

*Je te demande pardon Azraël d’avoir été si dure avec toi mais la rancœur est un poison puissant et il me ronge depuis si longtemps qu’il est devenu une véritable addiction pour moi. Autrefois Jeckill, je suis devenu Hyde avec le temps. Je suis un cœur abîmé, une âme déchue que je croyais impossible à sauver… Mais toi, tu m’as tendu la main et ton aurore à illuminer mes nuits de clair-obscur … Je ne sais pas si je serais à la hauteur de ce que tu attends mais j’essaierais de l’être… Pardonne mes failles et mes faiblesses, ma maladresse à ton égard … Je veillerais sur toi, comme tu l’as fait. Je tacherais de faire attention … *

J’aurais aimé qu’Azraël entende mes pensées, j’aurais aimé qu’il ne soit plus si triste pour moi. J’espérais qu’il était encore dans le couloir et que la force de mes mots l’avait touché. Et sur cette pensée qui pour une fois n’était pas envoûtée d’amertume, je m’endormis, droguée par cette nouvelle perfusion.

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