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 Fleeting moment ~ Azraël {FIN}

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June Harmon


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MessageSujet: Fleeting moment ~ Azraël {FIN}   Sam 15 Déc - 1:59

Aujourd’hui semblait être une journée comme les autres à l’institut Stark et pourtant elle ne l’était pas. Un tout petit point blanc, pas plus gros qu’un grain de sable perdu dans le désert avait déposé sous le porche un magnifique cadeau qui avait adoucit l’ambiance si terne de l’établissement. Tandis que certains se pressaient aux fenêtres, d’autres plus téméraires s’étaient glissés dehors pour profiter de cet instant, de ce moment magique où le temps semblait soudain suspendu. Ce miracle, c’était la neige. Blanche et immaculée, luisante sous un léger rayon de soleil qui en révélait toute la pureté.

Cela allait faire un an, un an que je me trouvais là, bloquée entre le passée et le présent dans ce temps irréel où j’errais, comme un fantôme. Ce matin-là, j’avais profité de l’agitation ambiante pour disparaitre dans le seul endroit de l’établissement où je me sentais libre. J’avais gravis les trois étages qui me séparaient de mon but le cœur serré, haletante, courant comme une fugitive. Une fois en haut, je poussais la lourde porte qui m’empêchait encore de voir le jour.

Une lumière blanche m’aveugla. Je repliais mon bras droit contre mon front, essayant de m’habituer à cette clarté étincelante. Je pus peu à peu discerner des arbres que l’hiver avait complétement dénudé, ils étaient tordus et fragiles, habillés de neige et de cristaux glacés seulement ils étaient une parfaite métaphore. De nous. Ou peut-être plus simplement de moi. Je m’avançais vers l’une des cheminées du toit, me blottissant contre sa chaleur pour profiter encore de ce spectacle volé. Ces derniers mois avaient été sans aucun doute les plus durs que j’ai eu à affronter mais je ne m’avouais pas vaincue. J’avais trop de fierté pour ça. Les électrochocs et les nombreuses heures passées en sous-sol, seule dans une cellule m’avaient rendue presque folle. Je ne supportais plus ces murs si gris, au travers desquels j’avais entendu des pensées si noires que j’aurais été bien incapable de les révéler à quiconque. Le toit était devenu ma seule bouffée d’oxygène, le seul endroit où je parvenais à me sentir bien et parfois même sereine. J’adorais flâner sur les hauteurs et croiser le peu d’enfant de l’institut à qui il restait encore des rêves. Leurs pensées si pures et naïves me permettaient de ne pas perdre espoir et de vouloir me battre pour sortir d’ici. Je voulais écrire un article. Je voulais dénoncer les ignominies qui avaient eu lieu ici. Mais surtout, je voulais en apprendre d’avantage sur mes parents. Je crois que tout orphelin a ce désir de comprendre son abandon et même si le mien me mettait dans la pire situation qui soit je me refusais à baisser les bras. C’était bien pour cela que j’avais depuis quelques temps commencé à écouter les conversations de certains pensionnaires révolutionnaires qui mettaient au point des plans d’attaque pour parfaire leur petit complot. Cela m’avait semblé être une juste cause et puis, je n’avais rien à y perdre… Stark m’avait déjà pris une bonne partie de mon humanité.

Un frisson me sortit de mes pensées pour me ramener à la réalité. Mon ventre gargouillait. J’eus un léger sourire et sortit de ma poche une tablette de chocolat. Il venait tout droit de la cuisine et pour être plus précise encore, de la réserve de Stark et Finchell. Le goût du chocolat me faisait jubiler intérieurement et ce malgré mon maigre butin. Je sortis de ma poche un peu de papier et un crayon et commençais à griffonner pour me détendre. J’écrivais chaque jours depuis mon arrivée et je cachais soigneusement mes écrits dans les endroits que moi seule connaissait. Cela m’aider à garder le contrôle, sur moi et aussi sur lui. Sur ce pouvoir encore mystérieux qui parfois me faisait peur. J’avais appris à mieux le dominer et je savais maintenant une chose : j’étais capable de manipulation et c’était bien cela qui m’effrayait. Je ne voulais pas totalement devenir un monstre à l’image de la direction de l’institut.

Une fois mes notes rédigées, je sortis un petit livre avec une couverture bleue nuit et des enluminures dorées. Baudelaire. Il avait toujours été l’un de mes favoris et je ne me lassais jamais de relire ces fabuleux poèmes dont la beauté ne méritait d’être dite nulle part ailleurs qu’ici, dans un moment si magique. Je tournais quelque page et le trouvais. Spleen.

« Je suis un cimetière abhorré de la lune,
Où comme des remords se traînent de longs vers
Qui s’acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
Où gît tout un fouillis de modes surannées,
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,
Seuls, respirent l’odeur d’un flacon débouché.
Rien n’égale en longueur les boiteuses journées,
Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
L’ennui, fruit de la morne incuriosité,
Prend les proportions de l’immortalité.
Désormais tu n’es plus, ô matière vivante !
Qu’un granit entouré d’une vague épouvante,
Assoupi dans le fond d’un Sahara brumeux ;
Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,
Oublié sur la carte, et dont l’humeur farouche
Ne chante qu’aux rayons du soleil qui se couche…
»

J’avais lu à haute voix sans presque m’en rendre compte. Je me sentais si proche de cet état. Ma gorge se serra. A chaque fois, cela devenait plus difficile à lire. Cela me remuait au plus profond de mon être me faisant tressaillir. Une larme roula sur ma joue lorsque soudain la porte derrière moi claqua. Quelqu’un était sur le toit. J’entendis ses pas dans la neige et aussitôt, j’en fouillis mon papier sous la neige, essuyant d’un revers le tracé humide sur ma joue qui m’aurait trahie. Je baissais mon regard sur mon livre, me préparant déjà au pire. Qui pouvait bien être monté jusque-là ? Est-ce que ma seule échappatoire allait m’échapper ? Tendue, j’attendais, à l’affut du moindre détail qui aurait pu trahir mon visiteur.


Dernière édition par June Harmon le Mer 26 Déc - 23:57, édité 1 fois
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Azraël E.W. Foster


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MessageSujet: Re: Fleeting moment ~ Azraël {FIN}   Sam 15 Déc - 15:01



C'était un matin glacial, un petit nuage de vapeur s'échappait des bouches des pensionnaires. Dans les couloirs, je réfléchissais. Peut-on enchaîner réellement les années ici ? Il y a combien de temps que je suis là ? Seulement quelques mois... Et si ça durait, et si j'étais coincé ici toute ma vie ? Non ! Impossible, je refuse. J'vais développer mon pouvoir, peut importe comment mais ils m'auront pas ! Mes pensées noires furent largement atténuées lorsque j'entendis deux pensionnaires crier : « IL NEIGEEEE !!!! » et courir vers le Parc. En voilà une bonne nouvelle ! C'est fou mais je me sentais d'un coup beaucoup mieux. Ce mot, neige, avait un pouvoir infini sur moi. Tellement de bons souvenirs tellement d'amour, tellement de rires, tellement de pleurs, le Canada, la Montagne. Je n'avais plus qu'une envie profiter de ce cadeau du ciel. D'ailleurs, le meilleur endroit pour en profiter ce devait être le toit, comme ça je pourrai voir les alentours, et le paysage blanc.

Je suis retourné dans ma chambre, chercher une veste, et mes cartes. Puis j'ai pris le chemin du toit. Après avoir gravis les trois étages, je pousse la porte. C'était incroyable de beauté. Il me fallut un certain temps pour m'habituer à la lumière et à la réverbération. Mais après j'assistais à un spectacle magique, un jeu d'ombre et de lumières. La sensation d'enfoncer ses pas dans la neige, me donne un frisson de plaisir. Pour fermer la porte je donne un coup de courant d'air, si bien qu'elle se ferme sans que je n'ai à la toucher. Je ne suis pas sûr d'avoir le droit d'utiliser mon pouvoir mais je m'en fiche, ça m'entraîne et ici c'est un des rares endroits où ils nous emmerdent pas trop.

J'avais entendu une voix en entrant, comme un sanglot à peine audible. Je n'avais pas compris le sens mais je ressentais une certaine tristesse dans la voix. Mes yeux se posent alors sur une jeune femme de dos, elle a de très longs cheveux noirs qui contrastent puissamment avec la pureté de la neige. J'avance jusqu'à son niveau. Elle a le visage plongé dans son livre, et semble même vouloir rester dans son bouquin car elle ne relève pas la tête, ignorant totalement mon arrivée bien que je soit certain qu'elle m'ait entendu. Son attitude m'intrigue, je jette un œil à son bouquin... Du Baudelaire. Peut être est-elle amatrice de poésie. Il me semble l'avoir déjà vue plusieurs fois dans l'institut mais je n'en suis pas certain. Je me place pas très loin d'elle, accoudé à un rebord du toit. Et je sors une cigarette, l'allume puis toujours en souriant je m'adresse à la mademoiselle :

« Salut ! Je vois que tu lis du Baudelaire. Tu aimes la Poésie ? »


Si cette jeune femme est triste, je compte bien la faire un peu sourire, aujourd'hui il neige, on a pas le droit de refuser de tels moments...



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MessageSujet: Re: Fleeting moment ~ Azraël {FIN}   Sam 15 Déc - 23:46

J’écoutais les pas de l’inconnu qui s’avançait à ma rencontre. J’étais découverte. J’hésitais un moment avant d’utiliser mon pouvoir. Je n’avais jamais beaucoup aimé lire dans les pensées des autres internes, elles étaient souvent si sombres et si douloureuses que je préférais les éviter. Pourtant cette fois, c’était différent. Je ne voyais rien. Rien de cela, rien de ce qui m’aurait semblé normal de voir dans la tête d’une personne enfermée dans un tel endroit. Cette silhouette désormais presque à ma hauteur se souvenait d’un passé heureux, d’un pays où l’on célébrait la neige et sa pureté, d’éclats de rire. Comment était-ce possible ? Comment pouvait-on encore ressentir ça ? Et surtout pourquoi ses pensées me semblaient-elles soudain si familières ?

Elles me troublaient tellement que seul le craquement de son allumette me ramena à la réalité. Je relevais la tête pour découvrir l’identité de l’inconnu. Il avait allumé une cigarette et se tenait près de moi le sourire aux lèvres. C’était un homme, sans doute un peu plus vieux que moi. Ses yeux marron et ses cheveux en bataille lui donnaient un air négligé qui contrastait bien avec sa carrure d’athlète. Mais alors que je décryptais avec une certaine minutie le jeune homme il m’interrompit par une question à laquelle je ne m’attendais pas vraiment. Je secouais la tête pour remettre de l’ordre dans mes idées. Je me redressais un peu esquissant un léger sourire que bien peu de gens pouvait se vanter d’avoir vu.

« J’ai toujours aimé lire, en particulier les poèmes… Les mots semblent si vivants lorsqu’ils sont écris en vers. Cela me permet d’éteindre mes pensées un moment. »

Je rangeais ensuite mon livre dans la poche de ma veste. Qu’est-ce qui m’arrivait ? Je n’étais pas d’un naturel bavard et voilà que je me mettais à parler poésie avec un parfait inconnu. Enfin, pour être tout à fait honnête j’avais déjà entendu les pensées de ce jeune homme-là et c'est bien pour cela qu'elles me semblaient si familières. Je me souvenais maintenant. Sa chambre n’était pas très loin de la mienne et il m’arrivait assez souvent de les entendre au travers du mur. Les écouter m’avait déjà bien des fois aidé à me sentir un peu mieux malgré le fait que ma vie entière semblait s’écrouler autour de moi comme un château de cartes. Je n’avais jamais découvert le visage de mon voisin de cellule et maintenant qu’il se tenait là devant moi, je me sentais presque gênée d’en savoir autant sur lui. Il était déjà mon ami avant même ce moment, uniquement par la pensée. Et cela avait quelque chose d’étrange. Je me sentais proche du jeune homme, j’avais envie de tout lui révéler de le remercier de tout l’espoir qu’il m’avait apporté les soirs où tout allait si mal mais je ne me sentais pas prête à le faire. Pas encore.

« Moi qui croyait être l’une des rares personnes à venir ici lire de la poésie… Que fais-tu ici ? Tu fumes en cachette ou tu as des envies de suicide ? Le quatrième étage, une superbe vue ça serait presque de l’art de mourir ici. Et puis le rouge sur le blanc ça a quelque chose de dramatique. »

Si seulement c’était si simple. J’étais ironique bien sûr mais mon émotion était belle et bien là. Certain jour, comme aujourd’hui, me semblait plus dur à affronter que le chemin de croix. Et puis cet humour noir, ces propos amères que je pouvais tenir parfois, c’était ma carapace, ma protection. Je ne voulais pas me montrer faible, ni découragée. Je ne le pouvais pas. Je devais me battre. Je me rapprochais du bord, m’agrippant à la balustrade en lançant un rire mutin qui n’était pas moi mais qui correspondait bien à celle que j’étais devenue. L’ombre de moi-même. Je le regardais, plongeant mon regard dans le sien, cherchant à déceler sa future réaction. Quelque part au fond de moi, j’avais envie que cette amitié illusoire devienne réalité. Non plutôt j’en avais besoin. J’étais si fatiguée de tous ces faux semblants que j’avais besoin de parler et de pouvoir m’ouvrir réellement à quelqu’un. Restait encore à bien choisir celui qui pourrait accéder à ce privilège car ma prudence était difficile à amadouer…
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Azraël E.W. Foster


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MessageSujet: Re: Fleeting moment ~ Azraël {FIN}   Dim 16 Déc - 17:07



Je tire sur ma cigarette puis souffle tranquillement la fumée. Toujours accoudé, je regarde la jeune femme. Elle est très fine, et son visage est assez pâle. Elle répond à ma question tout en rangeant son livre. La neige avait un peu fondu sous nos pas, mais la lumière était toujours éblouissante si bien que la scène avait un caractère presque enchanté.

J'aperçois même un petit sourire sur le coin des lèvres.

« Éteindre ses pensées... Jolie métaphore. Selon moi, les mots sont vivants lorsqu'on y met un partie de son âme. »


Je disais ça pensif, à voix haute en quelque sorte. Puis elle se leva, et se planta à côté de moi. Elle plongea son regard dans le mien. Je vis donc ses grands yeux sombres me fixer. Elle est un peu plus petite que moi. Il y a un je ne sais quoi dans son attitude qui me plaît. Mais je ne connais rien d'elle. Pas même son nom. Sa seconde parole me frappe alors :

« Moi qui croyait être l’une des rares personnes à venir ici lire de la poésie… Que fais-tu ici ? Tu fumes en cachette ou tu as des envies de suicide ? Le quatrième étage, une superbe vue ça serait presque de l’art de mourir ici. Et puis le rouge sur le blanc ça a quelque chose de dramatique. »

Ma première réaction est de l'étonnement. Puis soutenant toujours son regard je ris. Un rire sincère et franc.

« Une envie de suicide ? Oh non loin de moi cette idée, ce serait leur donner raison ». Je me grattais l'arrière du crâne, un peu décontenancé. « Effectivement le contraste rouge, blanc fait assez artistique cela dit je préfère réserver mon art à la musique ou la magie. La peinture très peu pour moi haha ! ». J'avais bien compris son ton ironique mais je ne pouvais pas m'empêcher de me dire que dans le fond, elle devait avoir ces idées morbides dans les moments de détresse. Je regardais toujours au plus profond de ses yeux comme si je sondais son cœur. Puis je quittais cette pensée pour me reconcentrer sur la question initiale : ce que je faisais là.

« Pour te répondre, je ne suis pas là parce que je dois me planquer pour fumer, même si ça pourrait être une bonne raison. Non je suis là parce que j'aime cet endroit. C'est sur un toit, et c'est l'endroit le plus proche du ciel. D'ici on peut observer le soleil se coucher, ou bien se lever. On peut sentir la pluie combinée au vent qui se défoule. Ici c'est un espace d'espoir. Je le préfère au parc car c'est un endroit moins côtoyé et on a vraiment une magnifique vue. Et aujourd'hui c'est un jour encore plus spécial... Il neige. Je sais que je dois te paraître stupide voire très fleur bleue, mais je suis comme ça, je me ressource grâce à la nature, depuis tout petit. Ce béton, ces murs et cette prison n'auront pas raison de moi tant que je verrai un bout de ciel. »

J'avais à présent le dos contre la rambarde, et les deux mains posées dessus. Et comme pour appuyer mes dires, je lève les yeux vers le ciel. Je sais que je m'envolerai d'ici un jour.



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MessageSujet: Re: Fleeting moment ~ Azraël {FIN}   Jeu 20 Déc - 12:26

Donnez une âme aux mots… Cela éviterait sans doute que tant de monde les utilise si mal. Cette idée me plaisait et me rendait cette rencontre inattendue de plus en plus intéressante. Peut-être que ses pensées ne trompaient pas. Peut-être était-il réellement différent ?

Et tandis que je réfléchissais, perdue dans mes propres flots de pensées, son rire me rappela le moment présent. Il aurait pu me remettre à ma place, détester ma désinvolture ou même s’en aller mais au lieu de ça, il avait ri. Un rire comme j’en avais rarement entendu entre ces murs. Un rire vrai, sincère, qui lui donnait un air presqu’enfantin malgré sa carrure d’adulte. Ce simple son résonnait en moi comme une brise dans le ciel belle mais éphémère, me rappelant des souvenirs lointains que j’avais presque oublié. Sa présence me désarmait comme si j’étais soudain sans défense face à cette bienveillance indécente. Comment pouvait-on si facilement avoir raison de moi, de cette forteresse que j’avais construite entre moi et ce monde passé auquel j’appartenais ? Et puis son regard se posa sur moi. Ses deux grands yeux sombres se plongeaient dans les miens à tel point que je me sentais mal à l’aise. Et s’il me manipulait ? S’il lisait en moi ? S’il décelait cette fissure sur mon masque ? Mon cœur semblait soudain s’emballer et je décidais de simplement détourner les yeux pour faire quelques pas dans la neige.

Je l’écoutais tout en me demandant comment je devais réagir face à la situation. Je crois que j’étais fatiguée, ou peut-être trop émotive mais son discours m’avait emporté. Il souhaitait s’enfuir lui aussi et son refuge se trouvait là, sur le toit d’où l’on pouvait voir l’infinité du ciel, d’où l’on pouvait se sentir pour quelque heure aussi libre que le vent. Sur le moment, je ne répondis rien, laissant un silence s’installer. Je me posais dos à la rambarde, fixant moi aussi le ciel qui recommençait lentement à se couvrir de nuages cotonneux. Dans quelques heures, il neigerait à nouveau et le ciel serait aussi couvert que mon esprit.

« J’aime bien venir ici moi aussi. Je crois que ça m’aide à ne pas devenir complétement folle à force de tourner en rond dans ma cellule comme un lion en cage. Et puis aujourd’hui c’est un jour un peu spécial pour moi aussi mais pas seulement à cause de la neige… Cela va faire un an que je suis là, et que je perds peu à peu toute humanité. A qui faire confiance, comment réagir avec les autres, connaitre les pouvoirs les plus secrets pour savoir se défendre … On ne peut pas vivre comme ça. Je voulais simplement savoir qui j’étais et voilà ce que je suis devenue. C’est lamentable. Peut-être qu’on avait raison à l’orphelinat, il ne faut jamais renouer avec le passé : il y aura toujours des conséquences. On m’a souvent traité de démon et je refusais d’y croire pourtant je suis devenue un monstre comme les autres. Je déteste ça et quoique je fasse je ne peux rien y changer… »

Je me redressais et m’approchais de lui, prenant la cigarette qu’il avait entre les doigts. J’inspire alors une bouffée de fumée grisâtre que je sens brûler dans le fond de ma gorge. Je n’ai pas l’habitude de fumer mais je crois qu’il me fallait au moins ça pour me vider la tête deux secondes. Je me demande ce qu’il peut bien penser à ce moment-là. Au fond je m’en fiche. Je sens un flot d’émotion qui monte en moi toutes plus exacerbées les unes que les autres. D’abord la tristesse, puis l’amertume, le remord et surtout la colère. Une vieille colère refoulée au plus profond de moi et qui me laisse une envie de vendetta si forte que je frappe du poing sur la rambarde métallique. Mes doigts glacés sont endoloris et la douleur est intense mais je me mords la lèvre et prends une autre bouffée, terminant la cigarette dont le mégot m’échappe des mains. Je me retourne, les yeux cachés sous ma frange s’embrument mais je refuse de me laisser aller.

« Oublie ça. Je voulais seulement passer un moment sur le toit … A plus tard l'inconnu ! »

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Azraël E.W. Foster


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MessageSujet: Re: Fleeting moment ~ Azraël {FIN}   Sam 22 Déc - 19:20



Elle avait détourné les yeux de mon regard. Il y avait chez elle quelque chose de fuyant, avait-elle peur de moi ? C'est normal d'être sûr ses gardes mais tout de même... Après ma tirade sur les raisons qui me poussent à venir sur le toit, un silence s'installe. Elle était de nouveau revenue à mes côtés et regardait ce ciel blanc, couleur caractéristique du temps neigeux. De petits nuages de vapeurs fuyaient en rythme avec notre respiration.

Je n'osais pas interrompre ce silence, il me semblait qu'elle réfléchissait, et il n'y a rien de plus agaçant que quelqu'un qui vous coupe dans vos pensées. Je la regardais avec une once de curiosité. C'est là qu'elle prit la parole. Cette jolie brune perd aussi son courage à force de tourner en rond dans cette prison. J'ai déjà cette sensation alors que je ne suis ici que depuis quelques mois. Un an... Une éternité. Soudain ma situation me paraît être dérisoire comparée à ce qu'elle vit. Je me sens un peu stupide de lui parler de liberté alors qu'elle ne doit rêver que de ça. Elle ne sait plus comment réagir ni a qui faire confiance. C'est triste mais j'ai bien remarqué que c'est le cas pour bien des gens ici. Personne ne fait confiance à personne de manière spontanée. Moi, je doit être beaucoup trop naïf... pensais-je.

Elle venait de parler d'un orphelinat... Ainsi elle avait perdu ses parents. Argh ! Je sais presque la douleur que ça fait. Je sais pas pourquoi, je ne connaît pas cette fille, mais sa douleur me percute, son air perdu me touche. Et la voilà maintenant qui se traite de démon ! Je voudrais l'interrompre, lui dire qu'elle n'a rien d'un monstre. Mais là encore je me tais. Je ne désire plus qu'une chose apprendre à la connaître, lui prouver que ce n'est pas un monstre, qu'on s'entraide à survivre dans cet endroit maussade et sombre, qu'on y apporte un peu de notre lumière. Elle termine par une phrase pessimiste à souhait : « Quoique j'y fasse je ne peux rien y changer »

J'ai appris au fur et à mesure des années qui défilent, qu'être pessimiste n'avance à rien. Il freine et vous ralentit. Broyer du noir, se morfondre et passer son temps à se plaindre ne fait pas changer les choses, il n'y a aucune évolution possible. « La chance ne sourit pas à ceux qui lui font la gueule. » Voilà une phrase qui résume ma façon de penser. On est tous en galère dans ce trou, mais si on y croit pas, on ne risque pas de s'en sortir. Si on essaye, pas sûr qu'on y arrive, mais y a déjà plus de chances.

Avant que je puisse dire quoi que ce soit pour réagir à tout ses dires, elle prend ma clope, et tire une taf. Je la laisse faire, elle en a besoin ça se voit. Et ce qui se voit aussi c'est qu'elle n'a pas l'habitude de fumer, vu la tête qu'elle fait. Elle serre ensuite fort la barre métallique. Et je comprends qu'en fait, sa tête n'est pas due à la cigarette, mais à ses émotions qu'elle cherche à contenir. Elle lâche en tapant fermement de son poing sur la barre, avec une rage serrée entre les dents, et les yeux qui brillent de colère. Parler de tout ça l'avait finalement touchée au fond. La voix brisée, elle commence à partir vers la porte, et me salue hâtivement en m'apostrophant du surnom d'inconnu.

Je sors alors de mon mutisme. Je tend une main dans le vide en direction de la jeune femme. Palpant le rien, je mesurais la distance qui nous éloignais. Tant sur le plan physique que mental. Peut être qu'elle ne souhaitais pas parler plus, ou passer du temps avec moi. Pourtant j'avais ouvert la bouche, presque de manière instinctive, comme par réflexe.

« Eh Attends ! Je euh... » Voilà j'ai l'air d'un abruti finit je ne sais même plus quoi dire, j'ai peur qu'elle s'en aille tout de suite. Je ne sais rien d'elle... Ça me rend perplexe. Je continue cependant essayant de mettre mes idées au clair. « Ce que tu as dit n'a rien de stupide, et frapper une barre de colère contre ces enfoirés encore moins. Je sais que tu penses qu'on est tous des monstres, mais donnes moi une chance de te prouver le contraire... Laisses moi ton nom... »

Elle allait peut être partir sans m'adresser ne serait-ce qu'un regard et sans aucune réponse. Je savais que c'était trop tôt pour lui demander de la revoir. Elle semblait déchirée de l'intérieur et ce n'était peut être pas le moment non plus de lui demander son nom, mais je ne pouvais pas la laisser partir sans rien tenter. J'ai toujours préféré les remords aux regrets.



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MessageSujet: Re: Fleeting moment ~ Azraël {FIN}   Lun 24 Déc - 16:59

Alors que je m’éloignais déjà, égale à moi-même, je sentis sa main s’élever pour attraper mon ombre. Manqué. J’étais déjà trop loin et malgré ça je me figeais. J’écoutais sa voix, ses hésitations et pourtant sa saisissante lucidité. Au fond de moi, je savais que j’avais tort de me laisser aller de la sorte. Que jamais je ne pourrais sortir d’ici si je me refusais à faire confiance aux autres, mais aussi à moi-même. Je détestais ce que j’étais devenue en entrant dans le pensionnat. Je n’avais jamais été quelqu’un de très bavard ou d’excentrique mais au moins j’aimais ce que j’étais, j’aimais ma manière de vivre une vie presque normale. Mais depuis que j’étais entrée dans la voiture de Mme Finchell tout chez moi avait brusquement changé… Si seulement mes cauchemars n’avaient jamais commencé…

A cet instant précis, ces pensées envahissaient les miennes comme si je ne parvenais plus vraiment à contrôler mon pouvoir. Elles étaient aussi embrouillées les unes que les autres quoique différentes de celles que j’avais. Plus légères, maladroites et fragiles. Je me laissais envahir un moment puis je me plaçais dos à l’une des cheminées qui se trouvait près de nous. Et toujours sans le regarder, j’avouais tout.

« Je sais beaucoup de chose sur toi. Tu viens du Canada et c’est pour cela que le froid ne te fait pas peur et que tu aimes tant la nature. Et d’après ton regard lorsque j’ai parlé de l’orphelinat, j’en déduis que toi aussi tu es seul. Mais tu les as connu n’est-ce pas ? Et tous t’ont peu à peu été enlevés … Ton père et ton frère par la nature que tu aimes tant, ta mère par sa propre volonté. Et malgré ça, malgré ce foutu destin tu parviens encore à être là, debout, prêt à faire face… »

Oui, je venais de révéler tout ce que j’avais lu en lui durant les quelques mois qu’il avait passé dans la cellule proche de la mienne. Je me demandais quelle serait sa réaction face à la situation, face à la précision de mes informations.

« Tu sais comment je suis entrée ici ? En me faisant passer pour une étudiante en médecine ! J’ai même assisté à certaines opérations… Je suis restée de glace, je ne me suis pas enfuie ! Et pourquoi ? Parce que je suis née ici, parce que je fais partie de cet endroit. Parce que je ne vaux pas mieux que les membres du personnel… »

Et soudain prise dans ma propre colère, je fixais son regard et lui transmis des pensées affreuses. Le genre de pensées dont j’étais la seule à connaitre l’existence. Des pensées morbides venues de ces cauchemars qui me hantaient. Je me voyais moi, un couteau à la main n’hésitant pas à m’en servir avec délectation sur un patient enchainé à sa table d’opération. Le sang ruisselait sur le carrelage de la pièce formant une flaque épaisse et noirâtre. Revenant à moi, je me rendis enfin compte de ce qui se passait et je détournais mon regard. Une larme roula sur ma joue. Mon cœur bondissait à l’intérieur de ma poitrine comme s’il allait en jaillir et s’écraser dans la neige si tendre.

« Tu me crois toujours innocente ? Aller dis le moi pour voir ! Dis-moi que je ne suis pas comme eux ! »

Sans en prendre réellement conscience, je m’étais approchée de lui et je le défiais du regard. J’avais un comportement étrange, un comportement différent face à lui. Je n’arrivais pas à me contenir ni à me raisonner, comme si j’avais un besoin infini de cracher tout ce poison qu’on m’injectait depuis un an.

« Tu veux toujours savoir mon prénom ? Tu veux savoir quel nom porte les criminels ? »

Emportée par ma colère, je me laissais soudain rouler sur le sol, brisée. Devant moi se trouvait mon masque en mille morceaux qui me souriait avec ironie. Je me sentis soudain si stupide d’avoir tout gâcher…

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MessageSujet: Re: Fleeting moment ~ Azraël {FIN}   Mar 25 Déc - 17:23



J'étais confus dans ma façon de parler, je ne savais pas comment la retenir, et bien que ma main tendue n'ai rien touchée, la jeune femme s'était arrêtée. Elle s'était même figée, elle ne bougeait plus. Et puis soudain, elle s'est adossée à une cheminée. Je ne voyais plus son expression. Et elle commença à parler, parler de choses dont elle ne devrait rien savoir.
Je l'écoutais, assimilant toutes les informations qu'elle avait engrangée sur moi. Comment ? Comment pouvait-elle savoir tout ça ? Comment savait-elle pour mes parents, mon frère ? Comment savait-elle ? Est-ce qu'elle avait enquêtée sur mon compte ? Était-elle partie fouiller dans les dossiers de Stark ? Je déglutissais difficilement.

Je n'étais pas en colère, simplement... eh bien. Disons que j'étais surpris et peut-être un peu blessé, qu'elle sache tout ça de moi et que je ne saches rien d'elle en retour. Que cette femme, dos à moi qui déballe ma vie en quelques secondes soit une parfaite inconnue. Mais cette sensation disparaît avec la suite de ses paroles. En effet, elle parle à présent d'elle, de la raison qui l'a poussée à venir. Je m’assois sur la rambarde, choqué. Elle était venue d'elle même à l'institut. Comment peut-on vouloir venir ici ? Comment espérer rentrer dans cet endroit maudit alors que tant d'autres rêvent d'en sortir... Là encore, là réponse ne se fait pas attendre. Elle était née ici. Heureusement que j'étais assis, parce que la nouvelle m'ébranla. Je me disais en mon fort intérieur qu'elle n'avait vraiment pas de chance,que c'était dramatique même. Elle avait assistée à des séances de tortures, et des opérations... Et avant que je n'ai pu penser quoique ce soit à ce propos, un mal de crâne abominable s'empare de moi. Je met un genou à terre, sans comprendre ce qui se passait. Elle était en colère et me fixais d'un air féroce. Je voyais des images qui n'étaient pas réelles comme sorties d'un cauchemar effroyable. Je voyais l'inconnue qui tenait un couteau et procédait elle même à une opération avec cet air sadique qu'on reconnaît sur le visage des infirmières. Il y avait du sang partout. Je pensais des pensées qui n'étaient pas les miennes. Je tenait mon crâne en serrant très fort comme pour arrêter cette torture.

D'un coup ma vision s'éclaira. Je voyais la neige à mes pieds, et j'étais presque surpris qu'elle ne soit pas tâchée de sang. Il fallait que je rassemble mes pensées que je réagisse. C'était soit une tentative d'intimidation, soit un appel à l'aide. Quoi qu'il en soit, je venais de découvrir ses pouvoirs. Elle avait accès à mes pensées. Et j'imaginais sans soucis que toutes les infos qu'elle savait de moi venait en fait de mon propre cerveau... Je me sentais manipulable. Je n'aimais pas cette sensation, celle d'être privé même de sa liberté de penser. Elle travaille pour eux en plus... Quoique non, en fait non.

Je n'avais pas vu mais elle s'était d'abord écartée, puis elle étais revenue, me défiant du regard de ne pas la traiter de monstre. Elle avait les yeux embués de larmes. Mais son regard était dur. Et je ne sais pas ce qui s'est passé, mais je n'arrivais pas à la considérer comme un monstre en lisant la douleur sur son visage. Je ne pouvais pas croire qu'elle puisse être cruelle ou mauvaise. Elle n'était pas comme eux, elle souffrait de ce qu'elle avait vu, elle était enfermée elle aussi...
Elle finit par me défier une dernière fois. Et s'écroula dans la neige, à bout, comme si elle n'avait jamais parler à qui que ce soit de tout ça.

Elle était à mes pieds, recroquevillé sur sa douleur. Les larmes coulaient abondamment des ses jolies joues pâles. Et moi, j'aurai peut être du avoir peur d'elle, peut être que j'aurai du être en colère qu'elle ait pu lire dans mes pensées, en rage qu'elle ait participé à la torture des résidents. Mais rien. Non rien de tout ça. Ce qui me marquait ? Sa force. Venir ici pour retrouver ses parents. Rester ici, pour savoir d'où elle vient et réussir à survivre malgré les horreurs. Son courage. Me dévoiler tout ça, alors que je pourrais la dénoncer, la battre de dégoût... Sa douleur.

J'étais toujours aussi confus, non en fait beaucoup plus qu'avant. Je ne m'attendais pas à un tel déballage de fardeau. Je regarde la belle et je m'assoies à ses côtés. Je la regarde, comme pour lui prouver que je n'ai pas peur d'elle, qu'elle ne me dégoûte pas. « Ok... » Ce fut le premier mot que je pus dire comme un débile profond, y'a tellement de choses à dire mais non, j'avais finit par dire « ok » BRAVO Az' ! Je reste un moment silencieux et reprend la parole, c'était bien plus clair dans ma tête d'un coup.

« Bon, ok.. Écoutes moi. Effectivement tu sais des choses sur moi, tu sais donc que moi j'ai vécu avec mes parents. Certes je les ai perdus... » Je venais de dire ça, en posant ma main sur son épaule, instinctivement, sans même m'en rendre compte.

« Mais je les ai connus. Alors ne compares pas ta peine à la mienne, c'est normal de chercher d'où on vient... Je ne sais pas comment tu as pu avoir le courage de venir dans cet endroit maudit pour retrouver ta famille... Et tu sais on fait tous des choses … Mauvaises. » C'était tellement vrai, personne n'est parfait, on a tous des choses à se reprocher. A des degrés différents mais chaque individu dans ce monde à fait quelque chose dont il n'est pas fier.

« Tu as assisté a des opérations, oui. Mais tu n'es pas comme eux, c'était un prétexte pour toi. Ne mélanges pas ce que tu es, et ce qu'ils veulent que tu deviennent. Regardes toi, ça te bouffe, ça te ronge. Ta culpabilité te dévore, ta souffrance te déchire au fur et à mesure, ça montre bien que tu as un cœur en dessous, que tu regrettes et que tu n'as pas pris de plaisir à faire tout ça... Quelqu'un de monstrueux n'aurait aucun regret, et n'en aurait jamais parlé. Alors tu sais quoi ? »

J'ai enlevé un mèche qui barrait son regard fuyant, afin qu'elle puisse lire toute l'expression de mon regard, une imposante sincérité, un regard déterminé et vrai : « Non, tu n'es pas comme eux. » J'étais on ne peut plus sérieux. Je sais pas pourquoi mais j'avais confiance en elle, je sentais en moi qu'elle n'étais pas mauvaise, que c'était une personne tourmentée mais qui au fond luttait pour rester humaine.

J'ai finit par lui sourire « Et oui mademoiselle la criminelle, je veux toujours savoir ton nom. »


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MessageSujet: Re: Fleeting moment ~ Azraël {FIN}   Mer 26 Déc - 16:14

Recroquevillée dans la neige, je me sentis soudain plus seule que je ne l’avais jamais été. J’étais perdue, ne sachant plus ni quoi penser ni quoi faire pour paraître moins stupide. Je n’avais qu’une seule envie : disparaître. Et alors que je me sentais si vide, si désespérée, une main sortie du néant se posa sur moi. Je n’entendais pas très bien sa voix ou peut-être ne voulais-je pas l’entendre mais cette simple présence qui m’empêchait de tomber plus profondément dans les ténèbres me suffisait. Plus rien d’autre à cet instant ne semblait exister que ce lien entre nous. Un lien étrange que je ne pouvais comprendre et que pour une fois dans ma vie, je n’arrivais pas à repousser.

Cette même main dégagea alors une de mes mèches, obligeant mon regard à croiser celui de cet inconnu dont le nom me revint soudain en mémoire, comme si je l’avais toujours su. Je lus sur ces lèvres « pas comme eux » et ces simples mots suffirent à me réconforter. Je ne savais pas pourquoi mais le fait de savoir qu’au moins une personne dans cet endroit pouvait réellement penser que j’étais différente me rassurait. Peut-être n’étais-je pas totalement perdue …

Il sourit alors, un sourire franc et malicieux comme si rien de ce qui venait de se passer n’avait été réel. Je le regardais, soutenant difficilement son regard, encore troublée par cette transmission de pensée que je venais de lui offrir malgré moi. Jamais encore mon pouvoir ne s’était manifesté de cette façon et cela m’avait épuisé. Timidement, je levais la main en direction de son visage. Je mis ma paume contre sa joue, effleurant ses lèvres avec mon pouce pour vérifier qu’il était bien là. Je devais être encore sacrément remuée pour ne même plus savoir où se trouvait la réalité. Soudain gênée par cette proximité, je me redressais tant bien que mal pour venir m’appuyer contre la rambarde en métal. L’air s’était nettement rafraichit et pourtant la brise glaciale était presque une bénédiction pour moi. J’essuyais d’un revers de la manche les larmes qui roulaient sur mes joues, prenant le temps d’inspirer une bouffée d’air frais.

« T’es quand même pas croyable tu sais ? »

Je me retournais vers lui, dos à la rambarde, un léger sourire sur mes lèvres pâles. Je sortis alors de ma poche un morceau de papier et un stylo et écrivais dans une belle écriture liée. Je m’avançais ensuite vers lui encore tremblante pour déposer le bout de papier dans sa main. Même si j’étais encore sonnée de la manière dont se passaient les choses, j’avais envie d’en apprendre plus sur lui et pas seulement en lisant dans ses pensées.

« Après tout, moi je connais le tien… Pas vrai, Az’ ? »

A ces mots, je fis demi-tour pour me diriger vers la porte qui me ramènerait à l’intérieur de l’institut. Je n’étais pas encore très sûre de ce que je venais de faire mais après tout, peut-être que pour une fois, je pouvais faire une exception. Mais j’étais tout de même restée prudente, j’avouais même que j’aurais préféré lui faire un peu peur pour ne pas me sentir si vulnérable. Je laissais derrière moi un simple morceau de papier sur lequel était inscrit « Je suis un mois d’été, celui qui passe sans que jamais l’on ne puisse l’attraper. » C’était une sorte d’énigme, un jeu que j’instaurais entre nous. Une nouvelle manière de voir les choses et peut-être aussi de conserver de la distance entre lui et moi. Je n’étais pas totalement sûre d’être prête à compter sur quelqu’un mais je pouvais au moins essayer, rien qu’un peu, pour voir si j’étais cap.

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MessageSujet: Re: Fleeting moment ~ Azraël {FIN}   Mer 26 Déc - 21:41

Le contact de sa main sur mon visage, me fit énormément de bien. Je me sentais mal de la savoir aussi perdue, et l'idée d'avoir poser ma main sur son épaule était à quitte ou double... Mais en quelque sorte elle venait de me rendre ce contact anodin. J'avais chaud au cœur, et je souriais de la voir émerger un peu de son mini-malaise. Elle s'était approchée très timidement cela dit. Je la voyais me dévisager, comme si elle cherchait le sens de la situation, comme si elle se demandait si j'étais réellement présent à ses côtés. Aussi posais-je ma main sur la sienne qui venait de toucher ma joue. Mais ce geste était de trop. Elle se redressa difficilement, fuyant mon regard. Je m'en voulais, je ne veux pas lui faire peur. Malgré moi je l'aime bien, mais je ne sais pas vraiment me l'expliquer.

Elle s'appuie contre la rambarde gelée et me regarde en souriant. L'air me mordait les doigts. Et je n'arrivait pas à détacher mon regard de la jeune femme encore faible, qui parvint tout de même à me sourire. Alors comme ça elle pense que je suis pas croyable ! Voilà une remarque qui fendit mon visage d'un grand sourire. Elle ne m'en voulais pas, voilà qui me rassurait. Bon elle devait me trouver étrange, un peu bizarre, mais je préférais ça à une réaction froide ou détachée.

Elle venait de sortir un crayon et papier de ses poches. Et vu son air, elle s'appliquait à écrire. Puis elle s'est approchée de moi, toujours avec des pas appuyés car elle n'avait pas encore cessé de trembler. Je tendais la main pour recevoir son présent. Elle déposa le papier et continua sa route, croisant mon regard. J'imaginais qu'elle venait d'y écrire son nom d'ailleurs elle s'en alla en m'appelant Az'. Ce qui me fit rire.. L'espace d'un instant j'avais oublié son pouvoir, concentré sur ce petit bout de papier blanc. Elle savait mon prénom. Elle avait une telle longueur d'avance sur moi. Il va falloir que je me rattrape. J'étais content d'avoir obtenu son nom. Aussi j'ai attendu que la porte se referme pour ouvrir le petit bout de papier et lire les mots écrits en attaché et à l'encre noire.

« Je suis un mois d’été, celui qui passe sans que jamais l’on ne puisse l’attraper. »

Et ma première réaction fut de lever les yeux au ciel en riant tout seul. Je m'étais fait avoir, elle m'avait laissé une énigme. Je prenais ça comme un défi. J'aimais bien cette initiative, elle avait vraiment quelque chose de spécial cette fille. Je me laissais tomber dans la neige. Le contre coup de tout ça peut être. Les nuages gris, blancs s'agglutinaient encore dans le ciel. Le froid était continuait de mordiller ma peau. C'était fou. Tout simplement fou. Peut être que j'ai rêvé en fin de compte. C'est le petit bout de papier qui me ramène, à la réalité. Non, c'était bien arrivé. Une rencontre. Avec une femme qui à le prénom aussi ensoleillé que l'été. J'hésitais entre June et July... August étant plus pour un homme. Je murmurais alors « June ? » . J'avais une chance sur deux, c'était mon intuition qui parlait et je pouvais très bien me tromper. Mais c'est à ce moment que la neige se mit à retomber. J'étais satisfait, c'était sûrement June. La nature avait toujours été de bon conseil avec moi.

Je me relevais, rassemblant mes pensées, et relativement trempé par la neige qui maintenant me brûlais les mains. Mais je ne sentais, rien, que la satisfaction d'avoir obtenu son prénom. Je me dirige à mon tour vers la porte alors que les flocons tombent tout autour de moi. « Celui qui passe sans que jamais on ne puisse l'attraper... ». J'ai l'impression que ça te correspond bien June...

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